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DÉC 2006
Jean-Pierre Mélis fait revivre la marine de travail

2006-12-14 00:00:00
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Musée Portuaire de Dunkerque, jeudi 16 novembre dernier Après avoir reçu le Prix Belem des Ecrivains de Marine, catégorie "beaux livres", des mains d'...

Musée Portuaire de Dunkerque, jeudi 16 novembre dernier
Après avoir reçu le Prix Belem des Ecrivains de Marine, catégorie "beaux livres", des mains d'Eric Grimonprez, président de la Caisse d'Epargne de Flandre et administrateur de la Fondation Belem, Jean-Pierre Mélis a répondu aux questions du Courrier du Trois-mâts Belem :


Musée Portuaire de Dunkerque, jeudi 16 novembre dernier
Après avoir reçu le Prix Belem des Ecrivains de Marine, catégorie "beaux livres", des mains d'Eric Grimonprez, président de la Caisse d'Epargne de Flandre et administrateur de la Fondation Belem, Jean-Pierre Mélis a répondu aux questions du Courrier du Trois-mâts Belem :
 
Vous êtes un des co-fondateurs du  Chasse-Marée, revue connue et appréciée de tous les passionnés de la mer. Quel point commun entre cette expérience qui a démarré dans les années 80 et le travail que vous avez réalisé sur les hommes de la pêche à Islande, une histoire qui couvre trois siècles ?
L'envie de faire revivre la marine de travail, moins connue, moins médiatisée que la Royale ou la marine de plaisance. C'était déjà mon but quand nous nous sommes associés, Bernard Cadoret et moi, pour créer le Chasse-Marée : mettre en valeur cette marine marchande, de pêche, de cabotage, si importante pour la vie économique de nos régions côtières. Partis d'un véritable désert en termes de reconnaissance publique, nous avons contribué à ce qu'aujourd'hui des milliers, voire des millions de gens participent à des manifestations autour de cette marine. Le Belem joue d'ailleurs un grand rôle dans cette démarche. Nous avons aussi été aidés par des programmes comme Thalassa qui ont montré les multiples facettes de ce patrimoine maritime.
 
Votre livre sur la pêche à Islande flamande est l'aboutissement d'une vingtaine d'années de recherches et d'enquête. Comment avez-vous fait pour réunir autant de données sur les hommes, les bateaux, les familles qui ont joué un rôle indispensable dans la vie locale mais un rôle le plus souvent ignoré de l'Histoire ?
Inspiré par le livre de Fernand Braudel sur la Méditerranée, j'ai eu envie d'écrire sur la Mer du Nord, ma mer puisque je suis Dunkerquois. Constatant la méconnaissance qui entourait cette activité de la pêche à Islande, j'ai commencé, à mes moments libres, par entrer dans les archives locales, découvrant l'importance qu'elle avait à Dunkerque au 19e siècle, puis remontant au 18e et   Jean-Pierre Mélis au  musée portuaire           au 17e. J'ai commencé par établir le fichier de tous les navires qui étaient allés au moins une fois dans les mers d'Islande. Ensuite j'ai demandé de l'aide à une équipe d'amis qui m'ont apporté leurs connaissances soit d'histoire, soit de construction navale, etc. Ce sont des fils que l'on dénoue tout doucement. Les archives de Dunkerque même ont brûlé en partie dans les années 30 et ce qui restait a été détruit par les bombardements successifs de la Seconde guerre mondiale. Il a fallu chercher par-ci, par-là, ailleurs en France, dans des familles dont les souvenirs ou les archives se trouvaient par exemple au Vésinet, ou à Fécamp. Il fallait longtemps aussi pour acquérir la confiance des descendants. Les Flamands sont des taiseux... Or j'allais taper à leurs portes, je demandais à entrer dans leurs maisons, à fouiller dans leurs papiers, leurs photos, leurs souvenirs. Ce fut long, mais ce fut une expérience humaine formidable.
 
Livre Grande Pêche, Goélettes flamandes à IslandeParallèlement à votre livre, vous avez organisé à Dunkerque une exposition qui a eu beaucoup de succès ? Quels sont pour vous les enjeux de la valorisation du patrimoine maritime ?
Dans le cas précis du livre et de l'exposition, cela a permis tout d'abord à beaucoup de personnes qui ont eu un ancêtre pêcheur à Islande d'avoir une connaissance bien plus précise de leur saga familiale, au-delà des banalités qu'on peut raconter d'une génération à l'autre. A Dunkerque, par exemple, nous avons un grand héros, qui est Jean Bart. Mais il y a eu autre chose - tous ces hommes fiers et travailleurs, qui faisaient partie de l'élite du monde du travail, au même titre que les mineurs, les métallos, les cap horniers...  La dispersion, la mobilité, font que l'on perd ses racines alors que nous sommes tous à la recherche de points fixes. Lors de l'exposition, dans le Livre d'or, beaucoup ont écrit leurs remerciements pour avoir fait revivre leurs ancêtres.
C'est comme le Belem - que j'ai découvert lorsqu'il était en rénovation au pied de la Tour Eiffel à Paris. J'avais alors une société de vêtements de marine et on a organisé un défilé à bord ! Au-delà du monument historique, le Belem participe à la conservation du savoir-faire. La continuité des gestes, des méthodes de travail s'apprend par la transmission bien plus que par les livres.
Quand j'ai su que j'avais obtenu le Prix Belem des Ecrivains de Marine, j'ai eu du mal à y croire ! Le but que je poursuis est celui de faire connaître une histoire ; et voilà qu'on m'offrait un fabuleux haut-parleur grâce auquel on sait maintenant qu'il existait des Flamands qui sont partis à Islande...
 
A ce propos, pourquoi « à Islande ? ». Et par ailleurs, quel est votre prochain projet ?
Parce que les pêcheurs n'allaient pas dans l'île d'Islande, ils naviguaient autour. C'est la bonne expression, qui est en fait une contraction de « jusqu'à Islande » et c'est marqué ainsi dans toute la documentation officielle.
Quant à mes projets, et bien, je vais me lancer dans une grande enquête sur...la pirogue sénégalaise. Savez-vous d'ailleurs que Sénégal veut dire « notre pirogue » ?
 
Pour en savoir plus sur Grande Pêche – Goélettes flamandes à Islande : cliquez ici
Pour en savoir plus sur le Prix Belem des Ecrivains de Marine : cliquez ici
 
 
 

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