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DÉC 2011
Yann Cariou, trois années à la barre du Belem

2011-12-20 09:34:15
Yann Cariou, commandant « à temps  plein » du Belem depuis mai 2009, va quitter ses fonctions à la fin de cette année 2011 pour donner un nouveau cour...

Yann Cariou, commandant « à temps  plein » du Belem depuis mai 2009, va quitter ses fonctions à la fin de cette année 2011 pour donner un nouveau cours à sa carrière professionnelle. Il laissera le souvenir d'un commandant passionné par le monde des grands voiliers et profondément attaché à préserver l'intégrité du  navire dont la Fondation lui avait confié le commandement.

Yann Cariou a pris son commandement à Rabat le 12 mai 2009 après une traversée de la Méditerranée en doublure de Michel Pery. Cette escale de Rabat restera d'ailleurs l'un de ses plus beaux souvenirs : il est vrai que l'agence du Bouregreg, hôte du Belem, avait bien fait les choses et que le programme de l'escale avait de quoi laisser penser que le Belem était, en France comme à l'étranger, une star. Heureux présage.

Une passion précoce
Le commandant Cariou venait de la Marine Nationale. Il y a fait une carrière conforme sur au moins un point  à ses rêves d'enfant : elle lui a  permis de naviguer et de faire la découverte extra-littéraire du  monde des bateaux. Mais il manquait à ce premier épisode professionnel la magie très particulière de ces grands voiliers qui le fascinaient depuis son adolescence. A 17 ans, élevé dans un environnement familial émaillé de mille souvenirs de l'épopée des grands voiliers cap-horniers,  il avait « déjà lu tout Randier ». Cette passion précoce l'a naturellement conduit à s'engager dans la Marine Nationale. En prenant le commandement de la goélette Etoile il a pu approcher la réalisation de son rêve : et en la conduisant vers l'Islande, il s'est confirmé à lui-même la réalité de son goût pour les grands voyages d'aventure.

Belem en vue...
A la fin de sa carrière d'officier de la Marine Nationale, Yann Cariou est pilote major de la base navale de Toulon. A ce titre il a été à plusieurs reprises chargé de piloter le Charles de Gaulle, qui à défaut de se comporter comme le voilier de ses rêves, n'en manifestait pas moins une prise au vent dont des calculs savants avaient établi qu'elle équivalait à 4500m² de voilure ! Mais quoique très concrète, cette référence symbolique au monde des grands voiliers ne suffisait pas à Yann Cariou : il fallut que le poste de commandant du Belem se libérât pour qu'il puisse enfin entrevoir que le graal français du gréement carré était à portée de candidature. Il s'engagea donc avec détermination, et en définitive avec succès,  dans le parcours du combattant que doit affronter un marin militaire pour valider ses « acquis de l'expérience » et être admis dans le monde de la « marmar » (Marine marchande).

A la barre du Belem
En prenant le 12 mai 2009 à Rabat la barre du Belem, qui avec ses 800 tonnes et ses 1200 m² de voiles est  en quelque sorte une  synthèse entre les goélettes et le Charles de Gaulle, Yann Cariou est rentré de plein pied, avec les acquis de sa propre « espérance », dans le monde qui avait fait éclore sa vocation.

En presque 3 années de commandement il n'a pas tout vu du Belem : il n'a notamment pas eu le temps de réaliser son rêve de traversée Atlantique ou de retour en Islande... Mais il admet  avoir pu réaliser quelques belles navigations, vers l'Irlande notamment. La Méditerranée qu'il se faisait une joie de rejoindre cet été 2011, lui a réservé un accueil déventé, bien décevant, si ce n'est le souvenir de l'escale de Mahon qui lui a procuré le plaisir rare et précieux du lieu jusque là inconnu que l'on découvre, seul, à pied, à l'issue d'une longue traversée.

Mais Yann Cariou, malgré son installation familiale à proximité de Toulon, est avant tout breton, et il n'aime rien tant que le vent : il en faut un peu, voire pas mal, pour permettre au Belem de  prendre véritablement son élan, mais point trop vu l'âge de la vieille dame : la recherche de ce juste milieu impliquait un pilotage météorologique pointu : grand spécialiste du Grib, le commandant Cariou avait à cœur d'y rechercher  la route optimale qui permettrait au Belem d'éviter, ou de gérer au mieux, ce que l'amiral britannique Francis Beaufort a dénommé les tempêtes et ce que lui appelait usuellement les « furies »...

Le goût des belles escales qui font briller le Belem
Assurément heureux d'être en mer quand le Belem file à bonne allure, heureux aussi de partager avec l'équipage et les stagiaires le bonheur de manœuvrer cet exigeant gréement, Yann Cariou nous a aussi montré qu'il appréciait les belles escales. Il se montrait particulièrement sensible aux égards que l'on réservait au Belem, ressentant sans doute au fond de lui-même qu'ils grandissent ceux qui servent ce beau navire. Il a manifesté escale après escale un sens aigu de la représentation - la Marine Nationale vous enseigne le sens du pavillon ! -. Il en a gardé une évidente  reconnaissance pour tous ceux qui ont su admirer avec sincérité le Belem. Mais quand l'escale est au bout d'un chemin de croix, comme ce fut le cas en juillet 2010 à Douarnenez avec l'entrée millimétrée du Belem dans le port Rhu, au cœur d'une grande manifestation maritime et populaire, on peut dire que le goût de la belle manœuvre, si vif chez Yann Cariou, prend alors des allures d'aboutissement.

Yann Cariou va dans quelques jours se désamarrer de ce volet de sa passion intime pour les grands navires et embarquer pour une destination inconnue, dont on devine qu'elle ne devrait pas l'éloigner, trop durablement  du chemin que lui a tracé sa passion d'enfance.
On peut le lui souhaiter en tous cas, avec la dose qui convient de  « bon vent » !

Message d'au-revoir de Yann Cariou :

"Commander le Belem était un passage obligé dans une carrière essentiellement maritime dont la vocation a été stimulée par une passion précoce pour la mer et les grands voiliers.
Le vieux rêve ébauché en 1977 puis en 1979 lors de l'accueil du Belem en rade de Brest s'est réalisé et j'ai vécu des moments intenses à la barre de ce glorieux trois-mâts qui défie le temps. Les satisfactions ont été nombreuses en matière purement maritime mais aussi par le partage de cette passion avec un équipage toujours à la hauteur, motivé,  et les nombreux stagiaires qui ont suivi studieusement et parfois héroïquement mes conférences dans le grand roof ; le plaisir aussi de transmettre des connaissances acquises en 32 années de navigation sur tous types de navires. J'ai parcouru 20.000 milles à bord de ce vénérable centenaire qui m'a permis de boucler mon 12ème tour du globe.
Le rêve pourrait durer encore longtemps mais je suis convaincu que « la richesse dans la diversité » s'applique particulièrement aux carrières maritimes où l'on tombe rapidement dans la routine et l'autosatisfaction. Un marin apprend toujours et n'a jamais fait le tour du métier ; il doit sans cesse aller voir si la mer est différente de l'autre côté de l'horizon.
Certaines contraintes m'orientent aussi vers d'autres projets car la passion reste toujours intacte. J'ai véritablement aimé certains des navires à bord desquels j'ai navigué pour leurs lignes et leurs qualités nautiques. A ce titre, les voiliers soumis à l'utilisation judicieuse du vent surpassent tous les types de navigations et ce fameux « phare carré » à bord duquel la réussite est liée à l'action de toute une équipe m'a beaucoup apporté en ce domaine.
Je fais confiance à la Fondation pour permettre au Belem de poursuivre inlassablement sa route et j'espère avoir le plaisir de le croiser encore sur la mer pour admirer les 1200 m2 de voilure gonflés par la brise. Je me rappellerai à cette occasion les bons moments passés sur le grand cacatois à écouter la force du vent."

Yann Cariou

1 commentaire

  • MOTTAIS Bertrand
    MOTTAIS Bertrand , posté le 17/07/2012 à 22:26
    Merci au commandant Cariou. J'ai fait 2 stages en 2010 et 2011 avec Y. Cariou et ce fut toujours un grand plaisir. L'entendre raconter l'histoire du Belem, sa passion pour les grands voiliers restera un moment très fort. Sa qualité d'écoute et sa gentillesse me manquera lors de mon prochain stage. Alors, merci pour tout cela, bon vent, et peut-être à bientôt sur d'autres ponts...

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