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AVR 2012
Eric Gavoty passe le témoin

2012-04-20 11:00:02
Cela fait un peu plus d'un mois qu'Eric Gavoty a quitté ses fonctions de secrétaire général de la Fondation Belem. Le 1er mars, il a passé le témoin à...

Cela fait un peu plus d'un mois qu'Eric Gavoty a quitté ses fonctions de secrétaire général de la Fondation Belem. Le 1er mars, il a passé le témoin à Christelle de Larauze, au bout de quinze années consacrées à la mission qui lui a été confiée : assurer, jour après jour, le maintien et l'exploitation du Belem, développer ses activités et sa notoriété, conserver le navire dans le patrimoine maritime de la France. A la veille de sa retraite, Eric Gavoty a accepté d'ouvrir quelques pages de son album personnel...

Dans quelles circonstances avez-vous pris vos fonctions à la Fondation Belem ?
Mon entrée au sein même de la Fondation a débuté en 1996 : prenant les fonctions de responsable du mécénat des Caisses d'Epargne, j'ai découvert « dans la corbeille », un poste d'administrateur de la Fondation. C'était l'année des 100 ans du Belem ... mon an 1 à moi ! En 2000, Alain Le Ray alors président de la Fondation, m'a demandé d'aller plus loin et de remplacer Geneviève Le Fustec dans la fonction de secrétaire général de la Fondation, mission que j'ai assumée jusqu'au début de cette année 2012.

Que saviez-vous du Belem au début de ce parcours ?
Peu de choses, et pourtant, lorsque je suis né, le Belem appartenait encore à Guinness ! Nos routes ont eu le temps de se croiser... mais la première rencontre date du début des années 80 lorsque, comme tant de Parisiens, je découvris le Belem amarré quai de l'Alma, musée à quai, au tout début de l'engagement déterminant des Caisses d'Epargne que je devais rejoindre en 1984. Mais ce n'est qu'en 1996, en plein centenaire donc,  que je fis connaissance avec le Trois-mâts et son équipage alors commandé par Marc Cornil. N'étant pas moi-même particulièrement marin, il m'a fallu tout découvrir, le Belem, le monde de la mer, les marins... un ensemble d'une ampleur plutôt intimidante dont je n'ai pénétré les secrets que progressivement. Le bateau est beau, son histoire est étonnante et les hommes qui le servent sont très attachants : toutes ces richesses ne se dévoilent pas en un jour ! Mais j'avais le temps...

Quelle était votre mission en tant que secrétaire général ?
A ma nomination étaient associés trois enjeux complémentaires : relancer la dynamique commerciale de la Fondation, redonner de la consistance à l'engagement en mécénat des Caisses d'Epargne et continuer d'ouvrir le Belem à un public sans cesse plus large notamment en inscrivant le navire dans une politique ambitieuse d'évènements.
Avec mon équipe, nous avons donc tout remis à plat, identifié les moyens d'améliorer le taux de remplissage des stages, rénové la boutique, revu la politique de communication-charte graphique, le déploiement de la présence du Belem et de la Fondation sur le net... et mis en place un nouveau dispositif de visites publiques, désormais payantes et qui ont connu un grand succès un peu partout en France. Tout ceci avait pour objectif de tenter de maîtriser le besoin de financement de la Fondation  ce que nous avons su faire, mais en partie seulement, en améliorant progressivement la maîtrise des charges.
Le paradoxe c'est que la rationalité économique nous commande de gérer la Fondation et le navire avec la plus extrême prudence, mais qu'un patrimoine d'exception comme le Belem ne peut pas non plus se laisser cantonner dans une gestion linéaire et répétitive. Le Belem doit continuer de faire rêver tous ceux qui sont attachés à l'aventure maritime : et c'est ainsi notamment, que j'eus très tôt après mon arrivée à la Fondation, le privilège d'être chargé de mettre en œuvre le grand retour en 2002 du Belem au Brésil - très précisément dans sa ville éponyme à l'embouchure du fleuve Para - pour la première fois depuis 1907 et d'organiser la  présence du trois-mâts à St Pierre de la Martinique le 8 mai, pour y commémorer le centenaire de l'éruption de la Montagne Pelée dont il est, comme chacun le sait désormais, un miraculeux rescapé. Des souvenirs chargés d'émotion pour ceux qui furent les témoins de cette « Odyssée Atlantique » qui a permis d'écrire une nouvelle page dans la longue histoire du Belem.

Quel souvenir gardez-vous de la vie de la Fondation ?
La Fondation est un rouage méconnu mais qui porte de facto entre ses mains l'avenir du Belem. Méconnu parce que le Belem lui-même, son commandant et son équipage focalisent à juste titre toute l'attention du public et des médias ; et d'un autre côté parce que les Caisses d'Epargne, jusqu'ici mécènes exclusifs ont, à ce titre, incarné le destin économique de cette aventure. Et pourtant tout se joue à la Fondation qui porte effectivement la mission de conserver et faire vivre le Belem. Sous le contrôle du conseil, la Fondation est une petite équipe qui est en charge de tout, l'essentiel et les détails, la routine et tous les accidents de parcours. Pour le secrétaire général, c'est un engagement de tous les instants : il n'est certes pas embarqué sur le Belem mais c'est tout comme. Car, ayant établi le programme de navigation et d'escales, la Fondation a besoin de s'assurer que tout se passe comme prévu, c'est-à-dire bien ! Et s'il y a des problèmes, on peut être sûr qu'ils auront vite fait de remonter au siège de la Fondation grâce à la redoutable efficacité des moyens de communication d'aujourd'hui... Je me souviens, il y a à peine 10 ans, de notre angoisse à imaginer que l'on puisse perdre la communication avec le navire entre Dakar et Belem. Et le bonheur symétrique du commandant Cornil ! Une autre époque....
En réalité, je pense que l'équipage a besoin de sentir que l'équipe de la Fondation est là pour le soutenir. Complicité mais juste distance !
Le secrétaire général est donc, en quelque sorte, la courroie de transmission entre la Fondation au sens large du terme et le Belem. Il forme un triptyque indissociable avec le président et le bureau du conseil. J'ai personnellement travaillé avec 3 présidents : 2 Bretons, Alain Le Ray et Paul Le Bihan, ce dernier étant de surcroit un marin confirmé, et un Normand,  Nicolas Plantrou, déterminé à servir la cause du patrimoine. J'ai fort heureusement entretenu des relations de confiance avec chacun d'entre eux : cela fut particulièrement utile pour faire face à la complexité sans cesse croissante de la gestion de ce que l'on appelle sans poésie « le modèle économique » de notre Fondation toujours à la recherche des moyens qui permettent de continuer de faire naviguer le Belem et de l'ouvrir au plus grand nombre.

Et dans la vie du Belem ?
Encore une fois, je ne suis pas marin et j'ai eu à cœur de ne pas m'immiscer inutilement dans la vie du bord. D'autant plus qu'il m'a fallu un certain temps pour comprendre les termes et les codes de la marine et plus particulièrement la lexicologie tellement complexe de la grande marine à voile ! Il m'a fallu aussi appréhender l'extrême subtilité de la vie d'équipage qui est le fruit de siècles de mise au point dans un environnement dont la rigueur n'a rien à voir avec ce que nous connaissons dans nos organisations terrestres. Une bêtise en mer se paie cash : là, on ne peut ni oublier de faire, ni avoir mal entendu.... Mais on peut toujours compter sur son collègue.
Quant à mes relations avec l'équipage, elles ont ceci de particulier que tous à bord savaient que je n'avais pas le pied marin... Cela aurait pu engendrer une certaine distance mais ils ont constaté que, malgré cette relative infirmité, je me donnais du mal pour le Belem et ils l'ont apprécié. De mon côté, je suis frappé par le dévouement, voire la passion, que les gabiers manifestent à l'égard du bateau mais aussi par leur maîtrise des relations sans cesse renouvelées avec les stagiaires.

Quelques moments ou épisodes restent gravés dans votre mémoire ?
Les grands voyages du Belem m'ont bien sûr laissé des souvenirs très forts, avec des moments de grande émotion : ainsi le retour à St Nazaire après les 5 mois de l'odyssée Atlantique en juillet 2002, accueilli avec les acclamations de la quasi-totalité des stagiaires de ce grand voyage, tous revêtus du tee-shirt de l'Odyssée, rassemblés sur le quai du Commerce pour saluer le retour en France de « leur » Belem ; ou alors en 2008 à Québec, la découverte le 4 juillet de la une du grand journal local, le Soleil, qui avait choisi d'illustrer son grand titre du jour : « Bonne fête Québec » avec la photo de l'arrivée du Belem passant sous le château Frontenac : ce jour-là, le Belem était la France ! Je n'oublie pas non plus la présence du Belem sur les festivités populaires de La Rochelle et de Bordeaux qui, quelques semaines avant, ont annoncé en France le 400ème anniversaire de Québec, ou en 2009 le bel accueil de Rabat et de nos amis de l'agence du Bouregreg et en 2010 l'escale de Cowes, au cœur même de l'histoire britannique du navire, enfin redécouverte grâce au magnifique travail de Cathy Marzin qui nous a notamment permis de rassembler de nombreux descendants des membres d'équipage du Fantôme II d'Arthur Guinness, terriblement émus... Faire pleurer des Anglais, il n'y a que le Belem... et la Reine Elizabeth qui y parviennent ! Mais l'émotion ne marque pas que les grands évènements dans la vie du Belem : chaque accostage ou appareillage est pour le public qui y assiste un moment d'admiration et d'émotion partagée, ponctué d'applaudissements et parfois de larmes. C'est à cela que l'on voit que le Trois-mâts est pour tous ces gens là un peu comme un enfant de la famille, qui s'en va mais qui revient, auréolé de sa longue complicité avec les mers et les océans de notre planète bleue, marqué aussi par ses 116 années d'histoire et tous les  évènements heureux et malheureux qui l'ont marquée et qui surgissent confusément à la vue de son élégante silhouette.

En fin de compte et de parcours, quel est votre regard sur le Belem et son avenir ?
Le Belem s'est affirmé depuis son retour en France comme un bien de la nation tout entière et a véritablement acquis ses galons de fleuron de son  patrimoine maritime - sans devenir pour autant une star intouchable, ce qui l'aurait éloigné de son public et de l'esprit de la mission de la Fondation. A ce jour, rien n'a porté atteinte à cette familiarité qui caractérise la relation entre le Belem et ses publics, visiteurs mais aussi nos chers stagiaires qui tutoient d'ailleurs volontiers l'équipage... et donc le bateau !
Cette complicité – et cela aussi est heureux - s'est étendue à nombre de villes  et de ports du littoral français qui savent manifester leur enthousiasme à accueillir le Belem pour le plus grand bonheur de leur population. Nantes en est l'exemple le plus abouti : port d'attache historique avec lequel ont été depuis 2 ans renoués des liens prometteurs qui visent à conjuguer deux histoires, deux destins.
Ce qu'il faut encore une fois saluer, c'est le magnifique - 30 ans ! -  engagement en mécénat des Caisses d'Epargne sans lesquelles cette exceptionnelle aventure n'aurait sans doute jamais pu se poursuivre même si l'on sait que le temps est venu pour d'autres soutiens de se manifester en complément. Gageons que le Belem et la Fondation sauront prendre ce virage qui va conduire, comme cela a été engagé depuis plusieurs mois, à inscrire le plus vieux grand voilier d'Europe dans des enjeux de notre monde d'aujourd'hui et à le rapprocher d'un cercle d'amis sans cesse élargi.
Pour conclure, je dirai que c'est un privilège que d'avoir pu travailler pour le Belem, pour la Fondation et que j'envie celle qui m'a succédé, Christelle de Larauze, d'avoir récupéré le flambeau même si je sais, et elle aussi, que la mission ne sera pas de tout repos. Je souhaite à tous ceux qui vont concourir à la poursuite de cette belle aventure de rester accrochés, selon l'expression coutumière du Commandant Morzadec, à la « bonne étoile » du Belem !

1 commentaire

  • des Courtils
    des Courtils , posté le 14/08/2016 à 10:30
    bravo Cog! Il a fait du bon travail Monsieur Gavoty, pour la marine française

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