A bord le 13 Mai 2010,
Durant le stage n°6 Lorient – St Nazaire du 7 au 9 mai 2010, après être joliment descendu sous voile au portant (vent de secteur Nord Est) vers l'île d'Yeu, j'ai décidé le samedi matin d'aller jeter l'ancre devant le port de St Gilles Croix de Vie. Le vent étant tombé complètement, cette opportunité s'est offerte à mes yeux pour attendre un vent qui devait fraichir au jour et me permettre d'élever le navire vers sa destination le dimanche.
Ayant cargué la toile, j'ai fait lancer la machine pour pouvoir rallier la zone de mouillage située à environ vingt milles de distance.
Pendant la manœuvre d'approche, après avoir réduit graduellement les manettes de commandes machines, l'échappement d'un moteur a subitement dégagé une forte fumée d'où émanait une odeur d'huile brûlée.
Aussitôt débrayé puis stoppé. Nous n'avons pas pu sur place identifier l'origine de la panne.
J'ai donc décidé de quitter le mouillage vers minuit, le vent ne s'étant toujours pas levé, pour me positionner près du chenal d'accès de St Nazaire au matin.
Nous avons finalement pris le service de pilotage un peu plus tôt que prévu, car pour effectuer la manœuvre d'accostage sur un moteur il me fallait demander l'assistance d'un canot de lamanage supplémentaire, qu'il faut commander au plus tôt.
Finalement à quai dans l'après midi, nous avons lancé l'investigation sur l'origine de l'avarie. Celle-ci n'a pu être détectée avec certitude que le surlendemain : il s'agissait de la turbo soufflante du moteur principal bâbord qui avait rendu l'âme. A partir de là il a fallu subir le délai de livraison de la pièce, et ce n'est que jeudi dans la journée qu'après des essais concluants j'ai pu constater que le Belem était enfin prêt à appareiller après 5 jours d'escale forcée à St Nazaire.
La Fondation que j'ai tenue informée a dû prendre la décision d'annuler le stage 8. Il en avait été de même pour le stage 7 mais sans que nous ayons eu le temps de prévenir les stagiaires : nous avons dû les informer lundi, sur le quai, de ce cas de force majeure. J'estimai ne pas pouvoir mettre la sécurité de mes futurs stagiaires en jeu en faisant route sur un seul moteur.
Je suis sincèrement désolé de ce contretemps pour nos amis stagiaires qui s'étaient inscrits sur ces stages. L'équipage se joint à moi pour souhaiter que tous puissent revenir découvrir à nos cotés l'aventure de la voile carré, sur le dernier des grands voiliers français du dix neuvième siècle.
Cdt Jean Alain MORZADEC