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LE BELEM CELEBRE QUEBEC
De Cartier à Champlain : les découvreurs du Québec
 
Une aventure européenne
La découverte du Québec est avant tout une histoire de marins... et de marchands. Une histoire plus longue et complexe que celle habituellement décrite dans les  livres de classe des écoliers européens.  Si Jacques Cartier reste le découvreur du Canada pour avoir, en 1534, mis pied à terre et pris officiellement possession des rives du Saint Laurent au nom du roi de France, il est loin d'être le premier à sillonner les mers qui longent les côtes nord-américaines et canadiennes.
Sans remonter jusqu'aux premiers Amérindiens ni aux Vikings dont on sait qu'ils débarquèrent à Terre-Neuve et au Labrador vers le Xe siècle, il serait injuste d'oublier les navigateurs italiens qui ont précédé Jacques Cartier dans les eaux canadiennes. Ainsi le vénitien Giovanni Caboto, renommé John Cabot parce qu'il navigue au service du Roi d'Angleterre : à la recherche, comme tous les autres, d'un passage vers l'Asie, il serait remonté jusqu'à Terre-Neuve en 1497. Ainsi le florentin Giovanni da Verrazano (dit Jean de Vérazannes) : financé par des banquiers de Lyon, des marchands de Rouen et Dieppe, et soutenu par François Ier, il  monte une expédition qui le conduit d'abord vers le site de la future New York puis jusqu'à l'île du Cap Breton en 1524, dix ans avant Cartier.
 
Poissons et fourrures mais pas de trésor...
Mais si on doit à Verrazano les premières cartes des côtes, c'est Jacques Cartier qui véritablement installe la présence française dans cette partie de l'Amérique du Nord. Le navigateur malouin, au cours de trois expéditions (1534, 1535, 1541) entre en contact avec les populations indiennes – Micmacs, Iroquois – dont certains sont, de gré ou de force, ramenés en France ; il remonte le Saint Laurent jusqu'à Stadaconé (devenu Québec) et Hochelaga (devenu Montréal), toujours à la recherche de la mythique « route des Indes » et de trésors comme ceux trouvés par les Conquistadors espagnols chez les Incas.
En 1542, Jean-François de la Rocque de Roberval, nommé par François Ier lieutenant-général du Canada pour y établir une colonie, s'installe avec 200 « colons » près de Stadacané.  Un hiver très rigoureux, qui décime la colonie, se termine par un retour général vers la France. Les mers canadiennes sont alors laissées aux milliers de mariniers français, anglais, ibériques qui, pendant le reste du siècle, viennent annuellement y pêcher la morue, chasser la baleine et acheter aux autochtones des fourrures très prisées par les pelletiers européens.
 
Champlain crée Québec
C'est un armateur de Honfleur, Pierre de Chauvin, qui se voit octroyer le monopole de la traite des fourrures par Henri IV. Il crée en 1600 un établissement à Tadoussac, à l'embouchure de la rivière Saguenay en compagnie d'un marchand malouin, François Gravé du Pont, et d'un gentilhomme du Saintonge, Pierre du Gua de Monts. Mais Chauvin meurt prématurément. Alors Gravé du Pont prend la tête d'une nouvelle expédition ; le 15 mars 1603, trois navires quittent Honfleur.
L'un d'eux transporte à son bord un jeune navigateur et cartographe originaire de Brouage, en Saintonge : Samuel de Champlain fait route, pour la première fois, vers l'Amérique du Nord. Sa mission pour ce voyage : faire un rapport précis au Roi de ses découvertes sur place. Il voyage, écrit, dessine une carte du Saint Laurent de l'embouchure aux Rapides de Lachine.
L'année suivante, il repart pour une expédition montée par Pierre du Gua de Monts, explore l'île du Cap Breton, aide à bâtir une habitation sur l'île de Sainte-Croix et à Port-Royal, en Acadie, où il fonde « l'Ordre du Bon-Temps », où chacun doit, à tour de rôle, assurer le repas des autres.
Rentré en France en 1607, il repart en avril 1608 à bord du Don de Dieu  avec pour mission d'établir une colonie permanente le long du grand fleuve. A partir du 3 juillet, il s'installe sur le site de Stadaconé, abandonné par les Iroquois et entame la construction de « L'Habitation de Québec » (du mot Kébec qui, en Algonquin, signifie « lieu où la rivière se rétrécit »). Ce n'est pas le premier établissement créé sur place mais c'est le premier qui sera destiné à devenir une installation permanente plutôt qu'un comptoir commercial. Québec est la première ville érigée par des Européens en Amérique du Nord.