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LA SEMAINE DU BORD

editorialLe Belem retrouve la terre à Boston - 24 Juin 2008

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Traversée réussie ! La semaine aura été marquée par la fin de la première grande étape de navigation du Belem dans sa route vers le Québec, avec l'escale de Boston, seul port des USA où le trois-mâts a fait halte. Une étape pour reprendre contact avec la terre ferme, se préparer à la suite du voyage et profiter pleinement de l'accueil amical réservé par les Bostoniens au beau voilier venu de France.
 
Dès le lundi 16 juin, alors que le Belem navigue encore en pleine mer, l'air de la terre influe déjà sur l'ambiance à bord. L'équipage reçoit des précisions sur les modalités d'arrivée à Boston. Cela n'empêche pas la poursuite des activités propres à la navigation, y compris un exercice d'incendie pour tester le matériel et, compte tenu du calme plat, un exercice d'homme à la mer – dit autrement, une baignade dans les eaux fraîches du courant du Labrador. Exercices pleinement satisfaisants, avec un certain amusement rétroactif à la vue d'une nageoire de requin peu après le retour des nageurs !

Dans la nuit du mardi au mercredi, le phare de Nauset, sur la presqu'île de Cape Cod, annonce la route plein ouest qui mène vers Boston. Les oiseaux se font chaque jour plus nombreux. Mercredi,  « ultime journée en mer après 20 jours de traversée transatlantique, raconte Michel Germain dans son carnet de bord, perspective de chiffons et de Mirror tous azimuts pour faire briller Belem de tous ses cuivres, laitons, etc. »
Jeudi 19, c'est l'approche de Boston, annoncée par le nombre de cétacés aperçus depuis le bord notamment dans la traversée de la réserve marine de Stillwagen Bank, mais aussi par la vue des bateaux de pêche, des tankers et le passage d'un gros paquebot. « A 8 heures, écrit Michel Germain, la vedette du pilote s'avance vers nous, nous contourne par l'arrière et vient accoster sur tribord. Le rendez-vous a été fixé à 1,5 mille de la bouée BG (N.42°23/W.70°51) comme le veulent les instructions nautiques. Le Captain Robert J. McCabe monte à bord ». L'approche de Boston se fait avec une escorte de deux vedettes, puis d'un bateau-pompe qui lance de spectaculaires panaches d'eau par ses lances à incendie et, au-dessus dans le ciel, un hélicoptère qui n'a rien à voir avec les douanes, la police ni même la circulation mais transporte des cameramen de Thalassa qui filment le Belem. Premier accostage sur un quai loin du centre ville pour procéder aux formalités administratives et à l'avitaillement en prévision – déjà ! – du départ et de la navigation vers Halifax et Québec. Tout se passe sans problème et le Belem peut gagner Boston Harbour, passant en vue de l'USS Constitution, surnommé affectueusement « Old Ironside » (« Vieux Flancs d'Acier »), le plus vieux navire de la Marine américaine.
 
Arrivé à hauteur de Rowes Wharf, le Belem s'engage en marche arrière dans l'appontement, sous les applaudissements des « terriens » qui assistent à la manœuvre. Sur le quai, Michel Germain rencontre les passants qui s'arrêtent pour discuter : des Bostoniens francophiles qui viennent évoquer leurs souvenirs de séjours en France, des « expats », Français de Boston heureux de rencontrer des compatriotes, et les  « voileux », attirés par la silhouette du navire.
 
Vendredi et samedi, le navire est ouvert aux visiteurs. C'est donc par alternance que les membres de l'équipage profitent de leur temps libre pour aller à terre, découvrir la ville, faire des achats, visiter des lieux historiques. Encore qu'un des lieux le plus historiques, en tout cas les plus emblématiques, de Boston soit le port lui-même, théâtre du célèbre « Boston Tea Party » qui, en 1773, fut le signal déclencheur de la Révolution américaine. La Grande Bretagne ayant imposé à sa colonie des taxes sur les biens et produits, alors que ses propres marchands en étaient dispensés, le soir du 16 décembre 1773, 60 Bostoniens appartenant au mouvement des « Fils de la Liberté » montèrent à bord de 3 navires anglais, déguisés en Indiens Mohawks pour effrayer les équipages et jetèrent à l'eau le contenu de plus de 300 caisses de thé. Trois ans et une guerre d'indépendance plus tard, la nation américaine était née.
Le vendredi, arrivée à bord de Philip Plisson, photographe et peintre officiel de la Marine, un familier du Belem, dont les photos ont notamment immortalisé le centenaire du navire, en 1996. Ses photos de l'escale bostonienne du Belem peuvent être consultées sur le site dans l'Actualité en images. Visite également de l'équipe de Natixis, mécène du Belem pendant son séjour à Boston. Le vendredi soir, à son invitation, l'équipage du Belem dîne, à quelques heures du départ, au 7e étage du Rowes Wharf Hotel, ce qui lui permet d'admirer de très haut la perspective du Belem amarré au quai juste en-dessous...
 
A 23 heures, le Belem reprend la mer avec 20 invités à son bord – Français, Américains, Québécois – dont les organisateurs et promoteurs de l'escale bostonienne. Paul Le Bihan, président de la Fondation Belem, a rejoint le bord. « Les hommes d'équipage,  affairés au rangement des aussières et des défenses, note Michel Germain. Le pilote, le Commandant et le second capitaine à la commande. Sentiment de nostalgie perceptible de ceux qui, sur le quai, applaudissent le départ en dépit de l'heure tardive ». Décidément, que l'on soit à Bordeaux, à Madère, à Boston ou ailleurs, le départ du Belem est toujours un moment qui serre le cœur...
 
Suivez l'équipage quotidiennement dans « la traversée au jour le jour ».
 
            
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