Comment s'est passée la création de ce nouvel album ? Avez-vous éprouvé des différences avec le précédent ?
Chaque album présente ses propres difficultés, surtout quand on s'attaque à de la reconstitution historique et maritime, fût-elle romancée.
Comme dessinateur, dans le premier opus je découvrais le Belem et j'ai dû m'attacher à retrouver sa silhouette originelle - ce qui n'était pas une mince tâche vu le peu de documents iconographiques qui ont survécu au temps. Dans ce deuxième épisode, il m'a fallu recréer une ville et des paysages qui avaient été rayés des cartes et du monde, il y a plus d'un siècle. Rendre crédible et réaliste une ville, une île et une ambiance, même si elles appartiennent à une autre époque, n'est pas toujours une tâche évidente.
En tant que scénariste, la difficulté a été de mettre en scène un récit à suspens qui tienne 46 pages alors que tout le monde en connaît déjà le dénouement.
Avez-vous le sentiment d'avoir fait un travail de commande ?
Si au départ, il est vrai, la collaboration avec la Fondation était fondée sur un travail dit « de commande », cela n'est plus le cas. Ce qui était initialement un « one-shot » connaît une suite, grâce au succès en librairie.
Cela dit, avant de se lancer dans une seconde aventure, il était sage de savoir vraiment où l'on allait. N'oublions pas que le Belem est un héros de métal et de bois ; dès lors il était impératif d'appréhender les albums différemment que pour un personnage de chair et d'os pour lequel l'attachement du public est plus fort.
Même si le Belem est une invitation à l'aventure, au voyage - ce trois-mâts a connu une multitude d'aventures - il fallait faire le tri et aller à l'essentiel afin d'éviter l'essoufflement et garder intacte la magie.
Imaginer des aventures pour le plaisir de noircir du papier et grossir le nombre d'albums dans les étagères de sa bibliothèque n'a jamais rien apporté de bon sinon satisfaire notre ego. La tétralogie aujourd'hui annoncée est donc rapidement apparue comme la solution. Quatre récits denses basés sur des faits marquants de la vie du Belem.
Quelle est votre vision du Belem maintenant que vous le connaissez ? A-t-il eu une influence dans votre vie professionnelle ou personnelle ?
C'est vrai qu'alors que je donnais les premiers coups de crayons du premier album, je ne connaissais du Belem que les images transmises par certains médias ou repris dans certains ouvrages. C'était pour moi un vieux trois-mâts, un fier gréement qui avait traversé les âges.
Depuis, j'ai eu l'opportunité d'aller à bord du Belem : et comme pour une belle voiture découverte dans une revue, on ne peut réellement sentir et ressentir l'objet de notre attention, pour ne pas dire de notre admiration, qu'en le touchant. Et mon admiration va grandissant !
Non seulement le premier album sur le Belem m'a ouvert les portes des Peintres Officiels de la Marine en Belgique, mais je dois être le seul auteur de bande dessinée à pouvoir prétendre à un héros qui ne se résume pas à une impression sur papier glacé, une figure en plastique injecté ou une image virtuelle sur grand écran...
Avez- vous le sentiment que votre lectorat se retrouve dans cette série ? Est-ce un univers dans lequel vous allez continuer à l'entrainer ?
J'avais fait mes premières armes dans le monde de la mer avec ma série « Neptune » aux éditions Glénat. Bien que je la croie de grande qualité, la série n'a pas rencontré son public pour dire les choses pudiquement. Je ressentais donc une certaine amertume.
Fort heureusement, le premier album sur le Belem a connu le succès.
Dès lors, comme mon amour pour la mer est rejoint par la reconnaissance des lecteurs, je vais pouvoir mettre en scène de nouveaux projets maritimes. Ainsi, indépendamment des deux prochains tomes sur le Belem, j'ai en préparation un album sur la frégate « Hermione » et une nouvelle série, « Black-Crow », qui nous racontera les aventures d'un corsaire anglais au temps de la guerre d'indépendance des Etats-Unis.


Vous pouvez vous procurer dès à présent le nouvel album auprès de la Fondation,