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LA TRAVERSEE AU JOUR LE JOUR

editorialLes Açores - Lisbonne du 13 au 21 août

Mardi 19 août (08h00 Heure locale)

Le Belem inaugure le Grand Prix de l'Atlantique du Tire au Bout
 
Après une escale surprise à Peniche hier dès le début de l'après-midi, le Belem a levé l'ancre à minuit de son mouillage pour boucler sa traversé de l'Atlantique au port de Lisbonne. Situé à environ 60 milles de la capitale portugaise, Peniche est une petite ville fortifiée avec présence d'une citadelle et des restes de mur d'enceinte. L'activité de la cité apparaît rythmée par le tourisme vu le nombre de restaurants et de bars qui longent ses rues. La pêche  ne semble pas totalement décimée eu égard aux nombreuses entrées et sorties de bateaux du port nombreux bateaux et à la présence d'un centre de réparation navale qui domine le bassin portuaire. Dès le départ, le Belem a affronté une houle longue avec des creux de quatre mètres au moins. C'était fête foraine à bord, le grand huit rivalisant avec les montagnes russes.
Avant hier, les ponts du Belem ont été particulièrement animés, juste après la conférence du commandant sur la bataille de Trafalgar. Des cris de joie et des encouragements fusaient sur le gaillard d'avant. Des gémissements de galériens et de « galériennes » répondaient en écho dans les coursives avec des rictus convulsés et les yeux exorbités, à faire peur aux petits enfants sensibles. Les passagers et l'équipage du Belem étaient-ils devenus fous ou avaient-ils subrepticement écoulé la cave de champagne du commandant Morzadec ?
Ni l'un, ni l'autre. Ces enragés se sont pris au jeu du premier Grand Prix de l'Atlantique du Tire au Bout. Tout le monde y a participé sauf le toubib du bord qui a joué au Monsieur Loyal et le photographe de service qui a été missionné par le commandant pour fixer ces instants pour la postérité. Au total 4 équipes féminines se sont affrontées entre elles et 12 équipes – l'équipage en 3 équipes de quart – en ont fait de même entre eux. Chaque équipe était composée de 4 personnes. Lors des épreuves successives jusqu'aux finales, une équipe était placée dans la coursive  « tribord », l'autre dans celle de bâbord. Le bout était mobile grâce à deux poulies fixées à l'extrémité de chaque coursive. Le point « 0 » était matérialisé par un chiffon bleu fixé sur le bout et positionné au pied du mât de misaine en début de match. L'objectif pour chaque équipe était de faire passer le chiffon dans la poulie de sa coursive, le plus tôt possible après que la cloche soit frappée par Monsieur Loyal. Les bras en extension, les jambes arc-boutées, le corps penché en arrière, les muscles bandés, les compétiteurs tirent tout ce qu'ils peuvent. Le bout vient, repart, revient, l'incertitude croît au fil des longues minutes d'effort intense. La sueur perle sur les visages et les corps. Chacun fait le forcing mais les muscles se tétanisent, la tête s'affole, le bout commence à filer dans les doigts, on y croît plus ... le chiffon bleu est passé sous la poulie l'autre côté. C'est fini. Des fois il y des revirements de situation inattendue comme autant de coups de Trafalgar. Pratiquement anéantie par l'adversaire, les encouragements du public, le cadencement hurlé par des meneurs de jeu créent ce supplément d'énergie à l'équipe qui finit par emporter la décision.
Côté féminin, la finale fut gagnée par Hélène, Gladys, Nickie et Eva contre Dominique, Myriam, Véronique et Estelle, la femme du commandant. Chez les hommes, l'équipage du « 4-8 » (Xavier, Charly, Brieg et Gaël) l'emporta sur le « 0-4 » (Mickaël, Jérémy, Yannick et Fabrice).
Comme chez Astérix et Obélix, les joutes se sont achevées par un punch pris au soleil sur le spardeck. Il n'eut pas besoin de bâillonner le barde habituel car il était totalement éteint !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Emile Le Moignic pour la Fondation Belem

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