Dimanche 1er juin (16h45 - Heure locale)
Route :
Depuis le départ de Madère, hier samedi 31 mai, le Belem a parcouru 186 miles, à une vitesse moyenne de 7,75 nœuds. Il fait route au 285. Sa position est 32°36' Nord et 20°33' Ouest. La vie s'organise pour la traversée. Des cumulus épars flottent haut dans le ciel. L'océan est d'un bleu profond. Léger roulis sur houle courte.
Vie à bord :
C'est aujourd'hui dimanche (air connu)... La trève dominicale n'interrompt pas les menus travaux du bord (ponçage, vernissage, entretien en tout genre, ...). La rûche s'active. Il faut déjouer les pièges savants et distinguer les rambardes revernies de celles qui sont sèches. La suspicion est de mise avant de toucher - de la main - tout objet en bois car les pinceaux sont agiles.
En matinée, Nicolas Quentin, l'un des lieutenants, voit les premiers poissons volants. Une tortue est apercue par un autre membre de l'équipage. Après le déjeuner, des dauphins accompagnent un instant la route du navire, sur son travers, par babord. Croisé un cargo italien, chargé de voiliers et de vedettes à moteur, qui fait route sans doute vers Gibraltar.
Au déjeuner, Joël Guéna, le commandant, marque le « jour du Seigneur » par une bouteille de Saint-Emilion. Alléluia ! L'initiative est appréciée.
Billet d'humeur :
Aujourd'hui deux bonheurs, sans doute « minuscules », mais d'une certaine intensité pour le récent embarqué que je suis.
Premier plaisir, Gabriel Lelant-Saint-Cast - le second capitaine - m'entraîne dans la mâture pour une première expérience.
Voir de haut le Belem en son entier, dans sa plénitude, de la proue à la poupe. Dans un panoramique vu d'en haut, l'étrave fend la vague et le sillage se referme derrière la poupe. Le second bonheur est de s'allonger sur le filet de sécurité qui borde le beaupré pour filmer en gros plan l'eau froissée par l'étrave. Comme dirait quelqu'un « What else » !
Mot du commandant
Pour le cap, les "285" ici mentionnés n'ont en réalité pas grand chose de concret pour le "terrien" ou pour les plus initiés ; ils pourraient en effet laisser entendre que c'est l'arc de grand cercle qui a été choisi. Il n'en est rien.
Ce chiffre est celui du compas de barre pour le timonier affecté d'une variation de l'ordre de 15° et la consigne actuelle est de faire de l'ouest avec "un peu de sud dans son ouest" à chaque tour de roue un peu inattentif.
En réalité, le chiffre du compas n'a dans le cas qui nous concerne que très peu d'importance. Ce qui compte c'est le vent et s'il n'est pas au rendez vous, au moins n'est-il pas contraire et permet de porter les voiles de l'axe pour affecter le mouvement de quelque grâce.