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LA TRAVERSEE AU JOUR LE JOUR

editorialMadère – Boston du 1er au 19 juin

Dimanche 8 juin (09h45 heure locale)

Route :
Position 32°59 Nord, 45°42 Ouest. Vent de nord-ouest, force 7, rafales à 8 dans les grains. Mer agitée à forte. Ciel couvert avec passage de grains. Le voilier tangue et roule. Creux de 3 à 4 mètres. Pression 1005 millibars. La chute du baromètre, commencée hier, annonçait le coup de vent que connaît maintenant Belem. De bleue les jours précédents, la mer est devenue grise, tachée ici ou là par le moutonnement des vagues. Par moment, un rayon de soleil illumine l'océan et change en un instant la couleur des vagues. Elles se font alors plus vertes et leur transparence s'éteint dès que le soleil disparait. A 4 heures du matin, Gaby est venu relayer Aymeric. Le quart du 4/8 succède à celui du 12/4. Mécanisme rodé, gestes précis. José prend la barre. La mer fait giter et tanguer Belem. Les embruns coiffent le gaillard. Sur tribord, un orage silencieux éclaire par instant par en dessous les nuages. Images fantomatiques. Hautes dans le ciel, les étoiles s'affichent au dessus de Belem, tandis que les grains défilent sans discontinuité, à babord comme à tribord.

Vie à bord :
Hier après-midi, exercice de sécurité. L'équipage se met en quête d'un explosif imaginaire dissimulé quelque part dans le voilier. Chacun cherche, avec application et discipline. En soirée, le samedi est marqué par l'apéritif pris par l'équipage sur la dunette. Samedi oblige, même si le week-end et le mauvais temps ne ralentissent pas beaucoup les travaux du bord. Ti' punch pour la majorité, jus de fruit pour les autres. Instant de convivialité. Bons mots, anecdotes, petites histoires de la vie du bord lors d'un moment de recréation.

Interview : Billet d'humeur
Changement de mer. Constat étonnant de la façon dont l'organisme humain assimile de manière intuitive les signes émis par le voilier. A la houle régulière et ample des derniers jours qui favorisait l'endormissement, dans un bercement agréable, s'ajoute ce matin un tangage prononcé. Le voilier monte à la lame, puis retombe. Ces mouvements croisés, parfois désordonnés nécessitent plus de vigilance, dans les déplacements. Sous le vent, sur babord, la mer est visible en permanence en raison de la gite du navire. Pendant la nuit, Belem roule, Belem tangue. De sa bannette on perçoit le constant travail du voilier à la lame : torsion, grincements des cloisons, vibrations suivies par moment d'un dérapage de la coque dans l'eau. Belem encense, comme un cheval sauvage, se cabre et progresse. Le cap toujours le cap !

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