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LA TRAVERSEE AU JOUR LE JOUR

editorialMadère – Boston du 1er au 19 juin

Mardi 17 juin (09h45 Heure locale)

Route :
Position : 41°12' Nord, 69°10' Ouest. Vent de Sud-Ouest, force 4. Mer belle à peu agitée. Cap compas 346. Pression 1008 millibars. Visibilité réduite.
 
Vie à bord :
Hier, journée active avec un exercice d'incendie pour tester le fonctionnement du matériel dans les règles de l'art. José et Patrice, le Bosco, enfilent leur combinaison anti-feu, aidés par deux matelots. Ils se ruent vers la cuisine, lieu du foyer présumé, chronométrés par Nicolas Quentin, impassible. Ensuite, débriefing dans le petit roof. Analyse critique, lucide de l'ensemble de l'action. Professionnalisme et sérieux. L'exercice est concluant : on ne badine pas avec le risque de feu sur Belem ! Dans la foulée, intermède « fun ». Profitant du calme plat, exercice d'homme à la mer (prétexte tout trouvé à un bain dans une eau plutôt fraîche / 17°). Influence du courant du Labrador. Dire qu'elle était à 26° il y a peu ! Et au retour à bord, amusement général et rétrospectif quand une nageoire de requin pèlerin se profile à quelques encablures, après le retour des nageurs. Journée fertile en rencontres animales. Tour à tour un cétacé, aperçu par Gaël, puis cinq dauphins, venus faire un brin de conduite. Les pétrels sont plus fréquents, d'autres oiseaux se manifestent. C'est fou comme la mer est fréquentée !
 
Billet d'humeur
Invisibles sur l'horizon, Belem se trouve ce matin par le travers des îles de Nantucket et de Martha's Vineyard. Noms évocateurs de la littérature de mer, de la tradition baleinière et des récits d'aventure. Plus tard, sa route va tangenter la presqu'île de Cap Cod. Petit matin, ambiance ouatée de l'univers marin dans la brume, quand l'ombre fantomatique de Belem progresse sous voile et à petite vitesse. Les sons sont assourdis. Le froissement de l'eau est audible. L'écharpe grise se lève par intervalle, laisse entrevoir un soleil timide, puis s'épaissit à nouveau, cotonneuse. A échéance régulière, la corne de brume émet son appel grave. Le son semble rouler sur l'eau. Sur bâbord, pulsations perceptibles d'un moteur diesel, à très bas régime. Un bateau en pêche, sans doute. L'un de ceux que l'on apercevait tout  à l'heure. Tout à l'heure, ballet réglé, orchestré de l'établissement des voiles. Enchaînement méthodique, sans improvisation, voile par voile en fonction de son emplacement dans le gréement. Minutie des gestes, mille fois répétés. Elan de l'équipage pour hisser, main à main, et établir les voiles.

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