Samedi 21 juin (09h45 Heure locale)
Route :
Position : 42°21' Nord, 71°02' Ouest. Toujours amarré à Rowes Wharf, dans le port de Boston.
Vie à bord :
Dernier jour à terre, avant le départ ce soir à 23 heures. Le compte à rebours est commencé. Par alternance, d'un jour sur l'autre, une partie de l'équipage se rend à terre, tandis que l'autre moitié reste à bord pour les raisons du service. Entretien du voilier, canalisation des visiteurs (accès libre de 10h00 à 15h00) sont au programme. Pour les heureux élus, la spéculation la plus intensive consiste à tirer le meilleur parti de ce temps attendu, précieux, compté... Concilier découverte de la ville, achats pratiques, vêtements peu chers (favorisés par le taux du dollar). Escale obligatoire à Quincy Market pour certains, « Freedom Trail » parcours historique sur les pas de Paul Revere pour d'autres. Avoir du temps à soi, en totale liberté ... Surtout, pour les officiers et les membres de l'équipage, perception de l'Amérique dans ce qu'elle a d'essentiel, au-delà des clichés. Aspect affairé de la ville hier, jour de semaine. Rythme plus ralenti, ce matin de début de week-end. Joggers sur le quai qui s'arrêtent un instant, frappés par la grâce du navire posé sur l'eau tranquille. Animation des rues passantes. Et là bas, sur l'eau de la baie, des voiles piquées sur l'eau, comme des insectes.
Hier soir, projection publique sur le quai, à proximité du voilier d'un classique avec Ingrid Bergman. Aux terrasses des cafés, dans le calme du soir, les consommateurs prennent le temps d'apprécier la fraîcheur du soir et la nuit qui s'installe, tandis que la mâture illuminée du Belem s'inscrit sur le ciel sombre.
Mot d'humeur
La terre est encore là, et pourtant l'esprit commence à assimiler l'échéance maintenant proche du départ. Nouvelle aventure en perspective dans une double dimension. Perspective marine d'une part, perspective de rencontres humaines d'autre part avec les nouveaux embarqués prévus ce jour. Dès hier, Philip Plisson, Peintre de la Marine, a rejoint le bord. Petites lunettes rondes, regard malicieux, son plaisir de retrouver le voilier est sincère. Dès l'aube, ce matin, il prenait possession de l'espace photographique, tournant autour de Belem, l'œil fixé sur l'ensemble du voilier puis s'attardant sur un détail. Capacité à discerner du premier coup d'œil l'indicible, l'irracontable, ce qui ne s'exprime que dans l'intensité de l'image. Moment d'éternité suspendu à jamais.... Images belles à rêver d'un voilier d'hier, d'aujourd'hui, de demain.