
Hier, le départ s'est effectué à 16 heures par temps pluvieux. Bravant les éléments naturels, trois sœurs religieuses, toutes voiles au vent, sont venues saluer le Belem et certainement lui accorder leurs bénédictions. Puis, un concert de klaxon répondit en écho à la corne de brume du navire lorsqu'il s'arracha lentement du quai, quittant ainsi définitivement les terres québécoises. Ce départ était attendu fébrilement par tous les passagers qui tardaient à goûter le doux balancement que procure l'élément marin. Dès le passage de la pointe de Gaspé – le Penn ar Bed du Québec – la houle du Golfe fut le signal de la pleine mer. Une annonce également marquée par le souffle de la première baleine de ce voyage.
L'attente du départ a été l'occasion pour les stagiaires de commencer à faire connaissance. Deux questions rituelles ont rythmé les échanges : d'où viens-tu ? combien de stages sur le Belem ? L'origine est francophone avec la présence de Français mais aussi d'une Suisse, d'un Belge et d'un Québécois de Montréal. Les femmes composent le tiers de l'effectif. Quant à la pratique du navire, il y a une minorité de débutants, les autres sont « récidivistes » voire « multirécidivistes » avec plus de 15 stages à leur actif !
Juste avant le départ, Marie-Claude Brière, partie prenante des futures fêtes du 475ème anniversaire du débarquement de Jacques Cartier à Gaspé, chanta pour l'assemblée du Belem, la vieille chanson française « Partons à la mer, elle est belle ». Un chant qui a toujours cours en Gaspésie et qui fut délivré en guise de remerciement et d'adieu.
Emile Le Moignic pour la Fondation Belem