Lundi 4 août ( 08h00 Heure locale )
Vivement le bon vent
Ce matin, le Belem poursuit sa route Sud-Est (cap 118) avec le vent dans le nez. La progression se fera donc au moteur pendant toute la journée. Chacun espère que le navire abordera demain cette dépression tant attendue avec des vents d'Ouest. Le bruit quasi-continuel du moteur devient usant. Au programme du jour figurent le changement de la voile du hunier fixe du grand mât, un cours sur la navigation astronomique – sous réserve de voir le soleil – dispensé par Brieg Jaffres (second du bord) et le début de la construction de la fameuse bonnette.
Hier les voiles ont été hissées en matinée et retirées dès 16 heures. Il faut dire que compte tenu de la nature du vent, le Belem évolue à 2-3 nœuds sous voiles, contre 8-9 nœuds au moteur. Le commandant Jean-Alain Morzadec a dispensé une conférence illustrée sur l'histoire du Belem, le matin et l'après-midi. Les supports utilisés se sont avérés fort riches sur le plan iconographique. Les stagiaires devenus quelque peu oisifs ont été distraits par quelques bandes de dauphins et de globicéphales. Ceux-ci ont daigné se présenter mais ne se sont pas arrêtés pour jouer dans la vague d'étrave. Une baleine a également été signalée. Le spectacle de puffins anglais (cousin du pétrel) accompagne le navire depuis le départ de Saint-Pierre. Ce bel oiseau de haute mer est un planeur hors pair en rasant les vagues à quelques centimètres.

« Jour du Seigneur », les repas confectionnés par les cuisiniers avaient un petit air de fêtes. Pour le déjeuner, saumon fumé à l'aneth, filet de bœuf sauce au foie gras et îles flottantes. Au dîner : rillettes de maquereaux frais aux petits légumes (petits pois et carottes), rôti de veau à la pêche et yaourt pour digérer tout ça. Et à chaque repas, salade et plateau de fromages. L'un d'eux, un munster particulièrement affiné se déplace de plus en plus en vite sur la table au fil des jours qui passent. Dernier record, 12 secondes entre les deux extrémités de la table. Aujourd'hui, 10 secondes ?
Emile Le Moignic pour la Fondation Belem