Jeudi 14 août (08h00 Heure locale)
Interrogation écrite

Le Belem a passé la nuit sous un temps couvert avec alternance de crachin et de pluie. La météo prévoit un temps variable pour aujourd'hui. Le vent de Sud-Est est passé au noroît (Nord-Ouest). Un brassage (orientation) de vergues est en cours pour profiter à 100 % de l'air.
Contrairement à ce qui avait été annoncé à 8 heures hier matin, Le Belem a navigué au moteur, cap au Nord-Est, jusqu'à la fin de l'après-midi afin d'attraper le vent. La houle de Nord-Est aidant, ce fut un peu rock and roll à bord tant le roulis était prononcé. Ensuite, toutes les voiles ont été mises dessus, le navire se dirigeant dès lors cap à l'Est. Lors du brassage de la vergue de misaine, le bout dehors de l'espar de la bonnette s'est brisé. Fautive : une malheureuse écoute restée trop solidaire de son attache. Adieu veau, vache, bonnette, ...
Juste avant le départ de Ponta Delgada, le commandant Jean-Alain Morzadec a annoncé une nouveauté lors de son briefing : à chaque quart, trois stagiaires sont nommés « chef de bordée », un par mât. Leur mission est de conduire la manœuvre tel des tambours-majors, ceci en lieu et place des matelots de quart mais néanmoins sous leur vigilance et leurs conseils. Christophe – celui qui a osé le jour précédent se baigner dans un bassin d'eau sulfureuse – à la misaine, Pascal au grand mât et Catherine à l'artimon ont été les cobayes du quart de 16-20 heures. Ils ont enduré l'épreuve avec un certain brio. Quelques stagiaires inquiets souhaitent ardemment se voir nommer chef de bordée au mât d'artimon. Allez savoir pourquoi ?

Autre nouveauté du jour, les stagiaires ont « subi » une interrogation écrite pour tester leurs connaissances en termes de manœuvre. L'idée revient aux matelots, le questionnaire étant élaboré par le bosco, Pépé. Au total 12 questions et une demi-heure pour trouver les réponses. A titre d'exemples le quiz portait sur des interrogations telles que « dans quel ordre envoie t-on les voiles carrées », « que veux dire le terme bâbord amure », « combien de cargues y-a-t'il sur les cacatois » ou du genre « qu'est ce qu'une voile en oreille de lièvre (pas en oreille de polope)» ? Les gabiers-examinateurs – charly et Gaël – ont été scrupuleux tout en distillant les explications pour celles et ceux qui ont « séché » sur quelques questions. Globalement, la note « assez bien » a été décernée à la classe. Quelques prix d'excellence ont été attribués mais un bonnet d'âne a été remis à celui qui n'a répondu qu'à deux questions. Un redoublement lui a été chaudement conseillé avec pour maître d'école, le bosco pépé. Ses petits camarades lui ont laissé entendre que la récréation était terminée, qu'il allait bosser plus que besoin pour rattraper le retard. Avec le bosco, c'est pas dodo !
Emile Le Moignic pour la Fondation Belem