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LE BELEM CELEBRE QUEBEC
Le Saint Laurent, la "Grande Rivière " du Québec
 
Aborder le Québec par le Saint Laurent, ce n'est pas seulement remonter le cours d'un des plus grands fleuves du monde, c'est aussi et sans conteste remonter le cours du temps. C'est découvrir la terre québécoise avec les yeux d'un Cartier, d'un Champlain ou d'un Du Gua de Mons, prendre leur place à la proue de leurs voiliers pour parcourir du regard cet immense estuaire dont eux ignoraient, alors, que c'était le plus vaste au monde. C'est partager avec ces grands navigateurs le sentiment d'aborder, littéralement, un nouveau monde, avec ses beautés, ses mystères, parfois ses dangers, toujours ses richesses...
 
La Voie Maritime
Et des richesses, le Saint Laurent en possède à foison, à commencer par une abondance de richesses naturelles, ce qui n'est pas étonnant si on considère que, de son embouchure jusqu'à sa source, dans les Grands Lacs, il offre quelque 1 000 km de voie navigable – 4 000 si on compte les Grands Lacs. Cette Voie Maritime du Saint Laurent, dont l'aménagement bénéficie aux navigateurs modernes, aurait fait le bonheur des découvreurs d'antan, dont Jacques Cartier, bloqué dans son avancée par – les rapides de Lachine – qu'il n'a pas pu franchir. Or, si ces premières expéditions tenaient beaucoup à remonter le grand fleuve, alors que les bateaux de pêche se contentaient de rester au large des côtes, c'était parce que le commerce des fourrures se pratiquait bien mieux à l'intérieur des terres...
 
Le long du fleuve...
Pourquoi « Saint Laurent » ? C'est Jacques Cartier qui a nommé «Baie Saint Laurent » un rentrant de la côte parce que, semble-t-il, on était un 10 août, le jour de la Saint Laurent... Le fleuve, lui, est longtemps désigné sous le nom de « Grande Rivière ». Le nom Saint Laurent s'élargira à tout le golfe et au fleuve dans les écrits de Champlain.
Aujourd'hui, si les eaux de Saint Laurent accueillent encore, à l'occasion, de vieux gréements comme le Belem, ce sont surtout les navires de croisière qui emmènent leurs passagers vers les ports de Québec, Trois-Rivières et Montréal, découvrant au passage le port de Gaspé (« bout de la terre » en langue micmaque) où Cartier prit possession du territoire au nom du Roi de France, puis Tadoussac, premier poste de traite de la fourrure établi par les Français en 1600 et donc point de départ de la Nouvelle France.
Mais  le Saint Laurent reste aussi un fleuve de navigation à voile et, bien sûr, de sorties en kayac... Kayac de mer dans sa partie la plus large, kayak tout court quand il se resserre au-delà de Québec (nom qui vient, après tout, de l'Algonquin « Kebek » - lieu qui rétrécit). Certains hardis canoéistes  n'hésitent pas à faire tout la Voie Maritime dans ces esquifs hérités des Amérindiens...
 
Espèces préservées
D'autres, tout aussi hardis, s'embarquent, eux, sur des canots pneumatiques pour aller observer les baleines – une douzaine d'espèces, du béluga au rorqual, qui batifolent dans les eaux de l'estuaire. Une vision d'autant plus appréciée que ces magnifiques mammifères ont bien failli disparaître de là, chassés par la pollution due à l'urbanisation, l'agriculture et l'industrialisation le long du fleuve. Mais de très gros efforts ont permis depuis vingt ans de réduire cette pollution de façon considérable même si rien n'est encore durablement acquis, en particulier la santé de la faune maritime...  D'ailleurs à la sortie ouest de Tadoussac, sur la rivière qui relie le Saint Laurent au lac Saint Jean, le Parc Marin du Saguenay offre aux baleines un milieu de vie préservé.
 
A ne pas manquer...
Et puis quand même, pour ceux qui se décident à rejoindre le plancher des vaches, la ville de Québec, avec ses fortifications, ses quartiers historiques (Petit-Champlain, Place Royale, Vieux-Port),  sa vie culturelle et artistique très riche, offre un séjour plein de charme et de convivialité – qui plus est en cette année où elle fête le 400e anniversaire de sa fondation... Et si l'air de la campagne alentour se fait trop tentant, il faut succomber à son appel, ne serait-ce qu'en allant observer les centaines d'espèces d'oiseaux de la Réserve Naturelle du Cap Tourmente ou bien admirer les vues spectaculaire du Parc Naturel de la Jacques Cartier (oui, au féminin, c'est une vallée !).
Une fois à terre, il est tout aussi impossible de se priver d'une visite à Montréal, la grande ville qui se laisse admirer depuis les pentes arborées de son Mont Royal et où les vieux quartiers du XVIIIe siècle font bon ménage avec la modernité de la cité contemporaine qui semble vivre au rythme continu des Festivals musicaux, culturels, d'humour, de sport... Une ville où la bonne chair, le bon vin et la bonne humeur semblent constituer les règles de vie fondamentales...

 
            
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