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LE COURRIER DU TROIS-MÂTS BELEM
Belem fait peau neuve
Comme chaque hiver, la Fondation offre au Belem une période d'entretien sans équivalent par son ampleur dans le monde de la marine, parce que le Belem doit rester le plus beau témoin du patrimoine naval français et parce que  tous les stagiaires et passagers qui embarquent à bord doivent pouvoir continuer de le faire en toute sécurité.
 
Première partie de « l'AT » : on soigne le gréement
Le Belem est entré au bassin à flots de Saint-Nazaire le 17 octobre dernier pour être pris en charge par les équipes de Saint Nazaire Marine, qui ont remporté l'appel d'offre pour cet arrêt technique 2007-2008. Dans un premier temps, ce sont les gabiers du Belem qui ont fait l'essentiel du travail  sous la conduite des boscos Guy Le Vu puis de Patrice Cahérec : il s'agissait en effet de repeindre entièrement le gréement, et de refaire les fourrages des galaubans.
 
 
L'entrée en cale-sèche
Le 19 Novembre, changement de décor : le Belem entre dans la cale N°2 pour une longue période d'intervention consacrée notamment au sablage de la coque, véritable traitement de choc décennal qui met à nu la coque du navire pour en repérer toutes les éventuelles détériorations. 15 jours se sablage ont finalement été nécessaires : un supplice sonore et de saleté pour l'équipage resté en nombre réduit à bord sous la responsabilité de son nouveau commandant Joël Guéna, qui vécut là, dans un environnement particulièrement peu accueillant, ses premiers jours de commandement du navire. Et si le pont avait pris des allures de sol lunaire, la coque dépouillée de tous ses apprêts apparaissait dans toute sa réalité, étonnamment tranchante, fine comme une lame de couteau ; le sablage dévoila même sur l'avant tribord la trace des premières lettres du nom GIOrgio cini qui était le sien avant qu'il ne retrouve en 1979 son nom de baptême.

Au programme de cet hiver : quelques changements de tôle, le remplacement de la ligne d'arbre tribord et de l'un des trois groupes électrogènes notamment, mais aussi de multiples, quoique plus petites, interventions.
 
Enjeux 2008
L'arrêt technique est cette année plus important que d'habitude car il débouchera sur la décision de « classe » du bureau Veritas, le fameux BV,  indispensable sésame pour que les Affaires Maritimes renouvellent le certificat de navigation du Belem. Cette procédure, qui intervient tous les 5 ans en règle générale, est requise tous les 2 ans et demi dans le cas du Belem, compte tenu de son âge : tel est le prix à payer pour que le navire poursuive sa carrière à la mer, plus longue que toute autre.
 
Toutes les photos de l'arrêt technique dès la rentrée  dans l'actualité en images !
 
 
Savoir-faire de Gabier : l'amarrage plat 
 
L'amarrage plat est une surliure (procédé permettant de ligaturer l'extrémité d'un cordage afin de l'empêcher de se défaire ou de s'effilocher) qui permet de solidariser 2 cordages.
A bord du Belem, les amarrages plats sont utilisés sur les haubans et les bas-étais pour réaliser l'œil qui permet de les « brancher » sur les ridoirs. Ils sont réalisés avec du câble d'acier galvanisé de 3mm de diamètre.
 
Ce ne sont pas moins de 120 amarrages plats que l'équipage remet en état cet hiver. Ils sont en effet au nombre de 4 par hauban, et 5 par bas-étai, et font entre 8 et 10 cm de long. Il faut une longueur de câble de 5m pour les amarrages simples, et de 10m pour les doubles. Deux gabiers sont nécessaires pour effectuer ce travail, et chaque amarrage prend entre 45 min et 1h30, quand tout se passe bien...
La machine qui permet de tordre le hauban pour effectuer le premier amarrage s'appelle l' « encosseuse ». On enroule le hauban autour d'une « cosse-cœur » sur laquelle on va « brancher » le hauban au navire par l'intermédiaire d'un ridoir.
Ces amarrages sont peints en blanc sur le haubanage du Belem.
Cette technique d'amarrage est d'autant plus particulière qu'elle utilise un câble d'acier (qu'il n'a d'ailleurs pas été évident de trouver cette année !), et qu'elle n'est plus usitée qu'à bord du Belem. Il s'agit donc d'un véritable savoir-faire que les boscos s'attachent à transmettre à l'équipage afin qu'il ne tombe pas dans l'oubli.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
            
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