Quelle semaine ! A en perdre le fil tant elle fut riche en événements, en découvertes, en rencontres et en émotions. 7 jours sur le fleuve et le golfe du St Laurent pour relier Québec à Gaspé avant de prendre le large pour le grand voyage de retour en direction du vieux continent.
Le départ de Québec
Le Belem a quitté le port de Québec le 20 juillet dernier. Malgré la foule qui se pressait sur les quais, cette journée ne restera pas dans les mémoires comme celle de l'appareillage du Belem, mais plus certainement comme celle du concert historique de « Sir Paul » McCartney, qui a rassemblé ce soir-là 200 000 spectateurs sur les Plaines d'Abraham. Un lieu historique, puisqu'il y a 250 ans, en battant les régiments de Montcalm, Wolfe mit un terme à la Nouvelle France du Canada.
C'est donc très paisiblement que le Belem a mis le cap sur la première destination de sa descente du Saint-Laurent, le fjord de Saguenay, dont l'embouchure se situe à 100 miles en aval de Québec, à proximité de Tadoussac. Ce village est bien connu pour avoir été le site où Champlain amarra le Don de Dieu en juillet 1608 avant de poursuivre sa route en canoës, et se rendre ainsi sur le lieu de fondation de la ville de Québec. Mais il est aussi connu pour être le lieu de rassemblement d'importantes populations de cétacés, malheureusement bien discrètes en ce 22 juillet au petit matin quand le Belem s'est présenté devant l'embouchure du fjord.
Les cadets de la Marine
20 jeunes cadets de la Marine canadienne ont embarqué à bord du Belem, pour saluer une proximité avec cette institution très respectée au Canada, et qui se rapproche de nos scouts marins mais avec une ampleur sans commune mesure. Âgés de 14 à 18 ans, les cadets se sont donc essayés à la manœuvre d'un trois-mâts, et ont découvert le plaisir ludique du travail collectif, la fierté de tenir la barre, et pour certains l'effroi de l'ascension dans les enfléchures.
La brise d'est, portante, qui s'est mise à souffler en milieu de journée du 21, a permis d'établir toute la toile. Un bonheur pour les stagiaires, dans le cadre somptueux du fjord, et une aubaine pour Paul Hurteau, notre cinéaste, qui s'est présenté à 14h en hélicoptère au dessus du navire et a pu capter des images que l'on découvrira avec plaisir.
Chicoutimi, capitale du Saguenay

Chicoutimi est la capitale du « royaume » du Saguenay. La ville en tant que telle ne présente d'autre intérêt touristique que celui d'être située sur le fjord ; mais la qualité de vie y est remarquable, comme en atteste le consul honoraire de France, le docteur François Brochet, en charge de la chaire d'oncologie à l'hôpital de Chicoutimi.
Le Belem et son équipage ont été reçus par la Réserve Navale, autre institution respectée en marge de la Marine canadienne. L'accueil réservé en particulier à l'équipage fut exemplaire : qu'il y a-t-il quoi de mieux qu'un baby foot, des pizzas géantes et de charmantes réservistes pour mettre en joie le cœur du marin ! Le commandant Morzadec a été quant à lui intronisé dans l'ordre du « bon temps » : tout un programme pour notre hyper dynamique captain !
Le lendemain, 22 juillet, grand succès des visites publiques. Une partie de l'équipage s'est absentée quelques heures pour visiter la base aérienne toute proche et passer au simulateur de vol...Puis retour au navire pour une session d'adieux aux organisateurs (trices) de cette escale. La Fondation adresse une mention toute particulière à Serge Desmeules, qui a consacré beaucoup de temps, d'énergie et puisé abondamment dans son carnet d'adresses pour aider à préparer la venue du Belem non seulement à Chicoutimi, mais plus généralement au Québec.
Merci Serge !
Dernière navigation avec les pilotes du Saint-Laurent
A 18h, appareillage pour Rimouski ; la descente du Saguenay de nuit est le dernier trajet que le Belem effectue avec un pilote à bord. Après le débarquement de celui-ci vers 3h du matin aux Escoumins, la navigation redevient libre. L'essentiel de la navigation sur le Saint Laurent se fait en effet avec des pilotes, car même si les cartes sont à jour, divers paramètres, et notamment les courants, peuvent surprendre le navigateur non averti. Et en tout état de cause, le contact avec ces fins connaisseurs du Saint-Laurent s'est révélé riche d'enseignements sur l'histoire et les particularités de ce fleuve aux dimensions peu communes. Et réciproquement, piloter depuis le caillebotis de la dunette du Belem leur a procuré des sensations qui sont imperceptibles dans les passerelles climatisées à 30m au dessus de l'eau ! Ils en ont volontiers convenu...