Après la magnifique navigation sur la rivière Saguenay, le Belem a repris son activité de navire-école et fait escale à Rimouski et Gaspé, avant de mettre définitivement le cap sur la France... vers Saint-Pierre-et-Miquelon !
23 juillet : Rimouski, la double frontière
Courte mais intéressante escale à Rimouski, qui fait doublement office de frontière entre le fleuve et le golfe d'une part, entre la Gaspésie et le reste du Québec d'autre part. La ville abrite le siège de l'Institut maritime du Québec, qui forme les officiers de la marine marchande canadienne, et qui est aussi un centre réputé de recherche océanographique.
A quelques kilomètres de Rimouski se trouve Pointe-au-Père, qui était avant-guerre une station de pilotage : ses archives conservent la trace du passage de Fantôme II en 1938 ! C'est également ici que se situait la station Marconi, qui était le 1er contact radio avec l'Amérique du Nord qu'avaient à l'époque les navires transatlantiques...
L'escale a été marquée par la présence active du Maire, Eric Forest, et par un véritable engouement du public pour le Belem. L'équipage, de son côté, ne contenant plus sa joie d'être si bien accueilli par les Québécois, a explosé aux premiers accords de l'accordéon de Jeremy. Accompagné du Commandant, relayé par le bosco qui donnait le « la », le récital a duré presque toute la soirée, et même réussi à entrainer par moments les passants sur le quai. Tout laisse à croire que s'est ainsi exprimé un certain retour de bonheur et d'affection envers le public québécois, qui a tant donné au Belem depuis plus de trois semaines !
24 Juillet : embarquement pour un stage 100% Québec
La Fondation avait choisi d'offrir à quelques privilégiés une opportunité de stage de voile là où cela était possible, c'est-à-dire à l'embouchure du Saint-Laurent. Une quarantaine de Québécois mordus de voile, de patrimoine, de Belem, de France... se sont présentés à l'embarquement à Rimouski dans la matinée du 24, pour 2 jours de navigation jusqu'à Gaspé. Un public qui a découvert tout à la fois la vie collective à bord d'un grand voilier historique, la manœuvre exigeante d'un monument de voiles, et « l'accent » breton de l'équipage venu de chez les cousins. Une alchimie qui, comme toujours, a fonctionné à merveille, et laissé bon nombre de nos stagiaires scotchés au pont au moment de débarquer à Gaspé ! Il est vrai que la superbe entrée sous voiles d'étais, escortée par les nombreux voiliers de cette très belle baie illuminée par un soleil de légende, ne pouvait laisser indifférent... Quelques heures auparavant, le Belem était passé, malheureusement dans la brume, au large d'Anticosti, l'île que l'industriel Menier avait achetée en 1895, quelques mois avant de commanditer la construction d'un fameux trois-mâts pour transporter les fèves de cacao d'Amazonie... Petit coup de corne devant Port Menier...
Gaspé, dernière escale
La dernière escale du périple québécois du Belem a donc eu lieu à Gaspé, « là où tout a commencé » avec Jacques Cartier. Gaspé est situé à la pointe de la Gaspésie – un nom à la sonorité poétique que tous connaissent, mais dont peu savent où le situer sur la carte ; Gaspé en langue Micmaque veut dire « le bout de la terre », et c'est donc bien le Finistère du Québec.
La Gaspésie va fêter en 2009 le 475ème anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier. Un événement auquel la France ne peut être insensible, tant Cartier et Champlain sont indissociables. Le premier a, en 1534, jeté les bases d'une Nouvelle France d'Amérique ; le second a entrepris 74 ans plus tard de la construire, en fondant et développant Québec. Venu pour célébrer Champlain, le Belem se devait donc de s'associer au projet du 475ème anniversaire. Il a donc accueilli dimanche soir Nathalie Normandeau, vice-premier ministre du Québec, élue de la baie des Chaleurs sur la côte sud de la Gaspésie, et François Roussy, jeune et dynamique maire de Gaspé, à l'occasion d'une réception. La Fondation a assuré les élus gaspésiens de son accord pour que l'image du Belem soit utilisée dans cette célébration ; mais elle n'a hélas pu promettre que le navire serait là l'an prochain...
Dimanche a encore été une belle journée de visites publiques, sous un chaud soleil. L'organisation a été impeccablement menée par notre ami André Bocquier et les promoteurs du projet de 475ème ; mais aussi grâce à l'aide des bénévoles qui ont fait un magnifique travail.
Lundi, jour du départ, il pleuvait, comme il se doit... 48 stagiaires, venus essentiellement de France, ont embarqué pour cette première traversée de l'Atlantique nord ouverte aux stages. Un autre volet de la belle aventure du Belem s'est ouvert, dont le récit à nouveau quotidien se fera sous la plume d'Emile Le Moignic, stagiaire volontaire pour tenir le journal de bord du grand voyage retour.
Quant aux témoins de l'épopée québécoise, ils garderont en mémoire et dans le cœur de bien beaux souvenirs de ce mois de juillet 2008 passé à Québec, 400 ans après le voyage fondateur de Champlain.
Merci Québec, et au-revoir !