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LA TRAVERSEE AU JOUR LE JOUR

editorialHalifax - Québec du 27 juin au 3 juillet

Mardi 1er juillet (09h45 Heure locale)

Route :
Position : 48°34' Nord, 68°25' Ouest. Cap compas 265. Vent faible. Mer belle. Baromètre : 1005 millibars. Ciel couvert avec éclaircie, bonne visibilité.
Changement d'heure ce matin. Une heure de bannette en plus ! Consigne du commandant dans « Observations et ordres particulier du capitaine » « Navigation dans voie côtière. Réguler la vitesse pour ETA Pilote à 17h30 le 1er juillet ». Le rendez-vous est prévu à l'Anse aux Basques.
 
Vie à bord :
Et dire que nous sommes le 1er juillet, au premier jour d'un mois d'été, par définition symbole de chaleur, de soleil et de ciel bleu. Petit matin gris pour le Belem sous une pluie persistante et froide. La soupe préparée par Jacques est préférée par certains au café matinal. De manière heureuse, le ciel se dégage. Le temps devient beau mais reste frais. Singulier contraste. Se rappeler qu'en l'espace d'un petit mois, depuis Madère, la température de l'eau a baissé de 20 degrés. Pour l'heure, la mer est à 7°. Ceci explique les tenues vestimentaires des stagiaires et de l'équipage, comme aux plus beaux jours d'une navigation de décembre ... sous les latitudes de la Bretagne. La remontée du Saint-Laurent se poursuit. Les voiles ont été carguées car le navire avance désormais vent debout, dans son approche de Québec. Encore un jour de navigation sépare du but. La rive gauche est invisible. La rive droite que longe Belem est proche. De la première, la carte marine de la « Pointe des Monts aux Escoumins » révèle au fil de la progression : Baie Comeau, la péninsule de Manicouagan, Baie aux Outardes, Sainte-Anne de Portneuf. Puis ce sera la Baie de Mille Vaches et enfin l'Anse aux Basques, point de rendez-vous avec le pilote. Sur l'autre rive, le voilier a dépassé Matane, Pointe Mitis, Rimouski et l'Ile Saint-Barnabé. Devant lui, l'Ile du Bic et la petite Ile Bicquette. Hier, Joël Guéna a organisé à 17 heures, une causerie-débat sur le thème de « L'évolution de la réglementation maritime par l'OMI (Organisation Maritime Intenationale)», occasion d'évoquer le cadre réglementaire qui s'applique à la mer en vue d'éviter  les catastrophes maritimes. Ce jour, les discussions vont bon train sur l'éventualité d'apercevoir des baleines, dans ce berceau de reproduction des grands mammifères marins. Pour l'heure, grande lessive des coursives et de la dunette. Les balais- brosses vont bon train, maniés avec ardeur (manière aussi de se réchauffer). Belem se fait une toilette, dans la perspective de demain.
 
Billet d'humeur : Retour ...
Pour Joël Guéna, le terme de la traversée, demain à Québec est en même temps occasion de retrouvailles. Occasion de se souvenir et de revivre - en ces instants de patient cabotage côtier - un autre voyage, dans une autre vie. Il se terminait aussi à Québec en 1984, il y a de cela 24 ans. Partage d'émotion, dans le même temps, avec Philippe Plisson qui lui-même n'est pas revenu à Québec par voie maritime depuis la même année. Pour l'homme de mer qu'est le Commandant du Belem, c'est l'occasion d'un nouveau rendez-vous avec l'histoire  et avec l'aventure, celle commencée vingt quatre ans plus tôt lors du rassemblement de grands voiliers à Québec, pour le 450ème anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier.  Hier célébration de Cartier, aujourd'hui honneurs rendus à Champlain. Deux trajectoires, deux parcours qui à l'aune de nos navigations confortables, ramènent à l'épique, au courage humain et à l'abnégation. En 1984, Joël Guéna fut l'instigateur du voyage inaugural de Notre Dame des Flots, voilier entré dans la légende. Il y assurait alors avec Jean-Pierre, le skipper, les fonctions de navigateur. Depuis la vie a passé... Les chemins se sont divisés ... et les amours  avec. Décision  est prise par Joël de ne regarder que devant  et de laisser l'histoire, sa « fidèle ennemie », aux historiens. Depuis lors, une autre aventure est née, il y a 22 ans : celle de « Fleur de Mai », navire historique,  gabare de Bretagne restaurée avec patience. Demain à Québec, il a rendez-vous avec Jean-Pierre et  Pitchoune, le long du même quai accosté 24 ans plus tôt. Eux-mêmes à bord de leur voilier, riche de milliers de milles parcourus à travers tous les océans et de trois tours du monde... Belem à toucher Fleur de Mai, pour lui faire honneur en même temps qu'à Samuel de Champlain cette fois...

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