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LA TRAVERSEE AU JOUR LE JOUR

editorialGaspé - Les Açores du 28 juillet au 12 août

Mardi 5 août 2008 ( 08h00 Heure locale )

Happy birthday Captain
 
Jean-Alain Morzadec fête ses 40 ans en plein Atlantique à la tête du Belem. C'est pour lui aussi sa première traversée de l'océan. Qui est cet homme que l'on verrait bien à la mêlée dans un match de rugby ?
 
Peut mieux faire
Né quelques semaines après les barricades de mai, le petit Morzadec vivra quelques années à Tours jusqu'à ce que ses parents retournent au pays Bigouden, là ils sont eux-même nés. L'école ne le passionne pas mais le jeune garçon reste sérieux, affaire d'éducation. Bien que sage, le garçon est néanmoins un piètre collégien. Invariablement, son carnet de notes mentionne un « peut mieux faire », ce qui « en creux » laisse entendre qu'il a des capacités. Dès la fin de la troisième, l'adolescent file vers la mer en rentrant à l'école de pêche. Diplôme en poche, il embarque pour la première fois en juillet 1985. Pendant trois ans, il pratique notamment la pêche au homard. Service national à 20 ans où il est affecté dans la Marine Nationale. Là, un concours de circonstance lui permet, en janvier 1989, de mettre les pieds sur un navire stationné à Saint-Nazaire qu'il ne connaît pas, le Belem. Au cours de la phase d'arrêt technique, le jeune Morzadec, chaperonné par Daniel Jéhanno, a tout le loisir de parfaire sa musculation. Manipuler des gueuses de fonte de 50 à 70 kilos chacune, à hauteur de 30 tonnes au total, nécessite de ne pas mollir. Jean-Alain Morzadec croche dedans, l'effort à la tâche ne le rebute pas. Après la rudesse de l'hivernage, il goûte au plaisir de la navigation en Méditerranée en tant que matelot. Service national achevé, le jeune Morzadec reprend son métier de matelot à la pêche au Guilvinec. Le Belem le titille au point de poser sa candidature à un poste qui se libère sur le navire. Elle est retenue et il devient salarié de la Compagnie de Navigation Nantaise (CMN), armateur qui assure l'exploitation du Belem pour le compte de la Fondation Belem. Il  embarque sur le navire en 1994 et en 1995 en tant que matelot à temps complet. Quand il n'est pas sur le Belem, il navigue sur des navires de la CMN, notamment sur le Béarn, un soufrier.
 
Monter en grade
En 1996 naît son premier enfant, Erwan. A ce moment là, nouvelle responsabilité oblige, il souhaite progresser dans la vie  pour faire vivre dignement sa famille. Jean-Alain Morzadec « veut monter en grade » mais il sait que cela ne sera pas facile, qu'il va payer « rubis sur l'ongle » son dilettantisme scolaire. Qu'à cela ne tienne, notre homme est volontaire et travailleur. Il prend des cours du soir pendant un an pour entrer au centre de formation des chefs de quart. Première tentative, échec au concours. Un an plus tard, il retente sa chance et réussit. Puis suit un an de formation à Saint-Malo où « il a fallu que je bosse », sous entendu qu'il a du travailler plus que les autres pour rattraper le passé. Ses efforts sont récompensés puisqu'il parvient à obtenir l'examen de sortie en juillet 1997. A partir de mars 1998, il embarque sur le Belem en tant que lieutenant et le fera cinq saisons consécutives. Jean-Alain Morzadec souhaite encore progresser dans sa carrière. En 2002, il s'inscrit au cours de capitaine côtier et obtient le brevet.
Il assure la fonction de second en 2003 avec le nouveau commandant du Belem, Jean-Pierre Bouin. Cette année là est à marquer d'une pierre blanche pour Jean-Alain Morzadec, séparé de sa précédente compagne, puisqu'il rencontre sa future femme sur les ponts du Belem, Estelle. Une jurassienne, historienne de formation. L'Histoire, c'est la passion de son mari, avec une prédilection pour l'aviation par atavisme, la marine, la mythologie et la Grèce antique.  Marié en 2005, leur fils Yvain nait en 2006. Encore nouvelle pierre blanche cette année là : le second devient Commandant. Heureux d'être le pacha ? « Je suis fier d'être le commandant du Belem » mais Jean-Alain Morzadec n'a pas l'âme du pacha. D'une part, c'est un commandement partagé, désormais avec Joël Guéna, d'autre part il considère qu'il n'y a pas à « prendre la grosse tête » car c'est « le Belem qui est applaudi » par le public, pas son commandant !
 
A la manière de Proust
 Le commandant aime :
-          passer du temps avec sa femme et ses deux enfants ;
-          aller à la pêche à pied en famille ;
-          pratiquer la chasse sous marine en apnée (pratique depuis l'age de 16 ans) ;
-          la voile carrée ;
-          la ponctualité (l'heure, c'est l'heure)
Il n'aime pas :
-          les gens orgueilleux ;
-          la brume ;
-          le désordre dans le travail ;
-          attendre (le commandant n'est pas patient) ;
-          les indécis.
 
En off, Jean-Alain Morzadec dit également ne pas aimer un légume en salade, lequel ?
 
Emile Le Moignic pour la Fondation Belem
 

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