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Le projet

Crise sanitaire oblige, le Belem n’a pas navigué en 2020. On ne sait pas faire naviguer le trois-mâts avec les règles de distanciation sociale imposées aux opérateurs culturels en temps de pandémie mondiale. Ces règles seraient contraires au projet Belem construit sur la solidarité, l’entraide et le Faire Ensemble.

Une décision lourde de conséquences : navigations, événements et visites annulées, recettes 2020 anéanties, emplois des marins réduits à son strict minimum. Il nous a bien fallu se rendre à l’évidence et s’organiser pour baisser drastiquement les charges financières pesant habituellement en saison sur la fondation.

Le Belem a été mis à l’abri à Saint-Nazaire, entretenu par seulement un chef mécanicien et un maître d’équipage. C’était nécessaire pour sauver la fondation Belem de la faillite. Mais cette décision a altéré l’état général du navire, aujourd’hui grandement fragilisé.

On pourrait penser qu’un navire qui ne navigue pas ne s’abîme pas... C’est peut-être vrai pour les voiles ou les ornements en bois sculptés qui n’ont pas subi l’usure saisonnière habituelle, mais c’est faux pour tout le reste. 

Le Belem souffre du manque d’entretien courant dû à un effectif réduit à son strict minimum. Or, certains travaux d’entretien courant – la peinture, le vernissage des caillebotis, des mains courantes, des balustres de la dunette, le galipotage des cordages, le réglage et l’équilibrage du gréement – nécessitent temps et main d’oeuvre soutenue, ce temps de travail manuel si précieux qui a tant manqué à bord, faute de suffisamment de marins.

Enfin, le Belem, confiné au bassin de Penhoët à Saint‑Nazaire, a subi un double phénomène : le phénomène d’étuve tout d’abord, en raison des très fortes chaleurs estivales, loin des embruns marins : sa coque s’est dilatée, les bois se sont rétractés très vite, atteignant l’étanchéité des joints du pont supérieur et provoquant des infiltrations d’eau de pluie, notamment dans les cabines positionnées sous la dunette. Et le phénomène de parc aquatique en eau salée avec accumulation de moules au niveau des vannes d’aspiration et de refoulement d’eau de mer.

Bref, le Belem souffre terriblement d’un entretien insuffisant. L’étanchéité du pont est à refaire, la coque à nettoyer... Nous avons besoin de dons conséquents et d’une mobilisation sans précédent pour étoffer la main d’oeuvre cet hiver et combler son retard d’entretien : une condition pour que le Belem reprenne la mer au printemps 2021.

Photo : Le Belem pendant son confinement à Saint-Nazaire © Thierry Campion

 

 

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