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25
MAR 2019
Stefano Zenchi & le Belem, un lien qui subsiste depuis 60 ans.

2019-03-25 22:54:36
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Il embarque pour la première fois à bord du Giorgio Cini en 1958 en tant qu’élève de l’école navale de Trieste en Italie. Depuis il n’a cessé de tisse...

Il embarque pour la première fois à bord du Giorgio Cini en 1958 en tant qu’élève de l’école navale de Trieste en Italie. Depuis il n’a cessé de tisser des liens avec le trois-mâts.

Stephano Zenchi à la barre du Giorgio Cini © photo d'archive 1958
Stephano Zenchi à la barre du Giorgio Cini © photo d'archive 1958

" Le 14 juin 1958, à Venise, je montais à bord du Giorgio Cini, le trois-mâts dont le nom d'origine était Belem. A l'époque, c'était le bateau école de la Fondazione Giorgio Cini, voulue par le Comte Vittorio Cini à la mémoire de son fils décédé dans un accident d’avion. Le Comte Cini avait été chargé par l'état italien d'organiser un centre d'accueil et de formation, sur l'île San Giorgio Maggiore de Venise, face à la place Saint-Marc, pour les nombreux orphelins de parents morts en mer durant la 2nde Guerre Mondiale. Le centre hébergeait environ 400 élèves internes et 300 externes. Ils étaient formés pour exercer des métiers dans le cadre maritime. A la fin de l'année scolaire, les élèves promus étaient récompensés par une croisière sur le Giorgio Cini, appelé Giorgetta, l'ancien Belem que le Comte avait racheté en 1951 et fait transformer en bateau école. Trois croisières de la durée d'un mois étaient organisées au départ de Venise, pour la Méditerranée orientale, de Messine, pour la Méditerranée occidentale, et de La Spezia, pour le retour à Venise. Les écoles navales italiennes pouvaient aussi inscrire des élèves méritants aux croisières d'été et c'est ainsi que j'ai eu le privilège d'embarquer à Venise en 1958 et de naviguer en direction de la Grèce et de la Turquie. En effet, de 1955 à 1960, j'ai fréquenté la prestigieuse école navale de Trieste, une des plus anciennes de la Méditerranée, fondée en 1754 par la volonté de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, car en ces temps-là, l'empire contrôlait le nord-est de l'Italie et Trieste en était le principal port. En 1959, j'ai pu répéter l'expérience sur la Giorgetta et, à la fin des études, j'ai obtenu en 1960 le diplôme de capitaine, spécialisation machines navales. Je garde un souvenir inoubliable des deux croisières effectuées avec la Giorgetta. Elles m'ont permis de visiter les ports d'Ancône, Bari, le canal de Corinthe, Le Pirée avec la découverte d'Athènes, Izmir et Kalamata en 1958, puis Fiume (Rijeka), Brindisi et Thessaloniki en 1959.

Après mon diplôme, je n'ai pas continué une carrière dans la marine marchande. Fort des connaissances acquises à l'école navale en moteurs, chaudières et machines de tout genre, j'ai émigré en Suisse où j'ai participé à la construction, le démarrage et l'exploitation de la première raffinerie de pétrole de ce pays.

En 1968, de passage à Venise avec ma femme, j'ai retrouvé la Giorgetta à quai, à l'île San Giorgio: elle ne naviguait plus depuis 1967, car la fondation n'avait plus les moyens de l'entretenir et elle était utilisée pour l'entraînement à quai des élèves et des visites guidées.

Par la suite, j'ai appris que le trois-mâts avait été mis en vente, sans succès, mais qu'en 1979 une nouvelle fondation française l'avait acquis, ramené en France et il avait repris le nom d'origine: Belem.

En 1984, lors d'un voyage professionnel à l'IFP de Paris, mais avec ma femme et ma fille (12 ans), je découvris le Belem au pied de la tour Eiffel! Quelle surprise! Aucune nouvelle ne m'était parvenue depuis plusieurs années.

Comme il était possible de le visiter, j'ai dû acheter les billets et nous sommes montés à bord. Quand je me suis présenté en qualité d'ancien stagiaire, on a appelé le commandant Randier, qui travaillait à la remise en état du voilier. Il fut très intéressé par la présence d'un ancien qui pouvait lui expliquer la raison de certains détails qu'il avait découverts et il m'expliqua que les travaux entrepris devaient permettre de le faire naviguer à nouveau pour accueillir des stagiaires de tout âge et de toute provenance durant des croisières le long des côtes.

Depuis, je suis inscrit auprès de la Fondation Belem et je reçois régulièrement les Newsletters avec les programmes de navigation. J'ai dû attendre d'être à la retraite pour disposer d'une période favorable à une nouvelle navigation et c'est ainsi que j'ai réembarqué à Cherbourg le 16 juillet 2005 pour une traversée de la Manche dans le cadre de la Tall Ships' Race. Ensuite, j'ai effectué la navigation Toulon-Nice en 2009 avec ma fille Sylvie (37 ans) qui est revenue avec moi pour la traversée Bastia-Toulon en 2011. En 2012, le Belem était invité aux manifestations dans le cadre du jubilé de diamant de la Reine Elisabeth II et j'ai embarqué le 5 juin à Londres pour la descente de la Tamise et la traversée de la Manche jusqu'au Havre. 2014 fut l'année du retour de l'ex Giorgio Cini dans la mer Adriatique après 35 ans d'absence et j'ai eu l'opportunité de collaborer avec la Fondation lors de l'escale de Trieste. A cette occasion, l'école navale que j'avais fréquentée, commémorait le 260ème anniversaire de sa fondation et l'arrivée du Belem en fut l'événement marquant. J'ai eu la possibilité de participer aux visites publiques du trois-mâts en tant que bénévole et de raconter mes expériences à son bord. En 2016, je suis retourné à Nice pour une navigation de 4 jours du retour du Yacht à Monaco et maintenant je viens de rentrer de la navigation Cannes-Nice de 2018 qui marque la fin de la période de 60 ans qui s'est écoulée depuis mon premier contact avec ce voilier mythique.

Cette dernière navigation avait pour moi une motivation particulière et je fut très touché par l'accueil du commandant Gweltaz Thirion avec lequel j'ai longuement discuté et raconté mes expériences. Plusieurs stagiaires m'ont questionné au sujet des conditions de vie à bord durant la période italienne et de l'organisation qui a permis d'effectuer en sécurité les croisières d'été avec les 80 jeunes embarqués. J'ai été heureux de constater le grand intérêt de mes interlocuteurs et j'ai terminé mon séjour à bord satisfait par les rencontres qui ont été possibles grâce à la convivialité que le Belem permet de créer. "

Stefano Zenchi

 

2 commentaires

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  • STEFANO ZENCHI
    STEFANO ZENCHI , posté le 05/04/2019 à 15:28
    Chère Myriam, j'ai lu avec beaucoup de plaisir ton commentaire au sujet du récit de mon histoire avec le Belem paru avec la Newsletter n°119 d'avril 2019. J'espérais te revoir lors de mon embarquement du 60ème à Cannes le 1er octobre 2018, mais j'ai découvert peu après que tu venais de fêter ton 50ème stage. Félicitations et au revoir pour un prochain tour à bord et……….bon vent !
  • Myriam VILLERT
    Myriam VILLERT , posté le 01/04/2019 à 22:24
    Cher Stefano, quel plaisir de lire tes quelques lignes. J’ai l’impression de t’entendre raconter ton récit tel que tu nous l’as partagé lors de cette belle navigation toute à la voile entre Cherbourg et Le Havre en 2005 sous le commandement de Michel Péry. Je me rappelle alors ton émotion pudique pour tes retrouvailles avec le Belem. Nous étions fascinés par tes récits, de ces souvenirs détaillés qui dévoilaient plus encore les pages d’histoire du navire.
    Tes albums photos parcourus de page en page d’un beau et plus chaud sépia que celui du britannique Beken Of Cowes - Méditerranée oblige !
    J’ai eu l’immense plaisir de naviguer une nouvelle fois avec toi entre Bastia et Toulon en 2011 et de te croiser à Nice sur les quais en 2016. Je débarquais en provenance de Saint-Tropez et tu embarquais pour Monaco, Gweltaz venait de prendre le commandement à Marseille ... Promis on se refait un 3ème ensemble ?! Amitiés. Je t’embrasse. Myriam

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