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Nicolas Plantrou, le bilan de 10 années au service du Belem

vendredi, 25 juin 2021 15:54

 

Président depuis  2011 jusqu'à juin 2021, Nicolas Plantrou revient sur cette aventure hors-norme.
 
Racontez-nous votre découverte du Belem ? 

J’ai rencontré le Belem pour la première fois à Rouen en 1989 aux Voiles de la Liberté, évènement qui a précédé la très célèbre Armada. J’ai immédiatement été séduit par la pureté de ses lignes, son authenticité, son histoire hors du commun, le patrimoine inestimable qu’il représente. Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est que tout le monde pouvait naviguer à son bord. Quelle remarquable et passionnante mission !

Comment être vous devenu président de la Fondation Belem ?

Quand je suis devenu Président de la Caisse d’Epargne Normandie en 2009, on m’a demandé d’entrer au Conseil d’Administration de la Fondation Belem. J’ai pu me familiariser avec le fonctionnement du navire et comprendre les rouages de sa fondation pendant 2 ou 3 ans, avant que l’on m’incite fortement à reprendre la présidence en 2011, suite départ de Paul Le Bihan. J’ai accepté de relever le défi et pressentais que cela allait représenter une lourde tâche, associée à d’importantes responsabilités, pour une mission entièrement bénévole.

Qu’avez-vous réalisé en 10 ans ?  

Mon premier défi a consisté à apporter de la rigueur dans la gestion de la Fondation, à revoir la stratégie commerciale et tarifaire et à développer des sources de financement complémentaires : les affrètements d’entreprises privées, les licences de marques, les dons de particuliers et le mécénat d’entreprise. J’ai également recruté une nouvelle équipe performante, ouverte aux changements. Mais ce que le public retient, c’est le rayonnement du navire qui n’a fait que croître grâce aux opérations de communication, de presse et aux événements, escales et hivernages dans différents ports d’Europe.  

Après dix années à la tête de la Fondation, le navire est-il toujours le même ?

Oui et non. Le Belem est toujours ce si beau navire que l’on respecte pour son authenticité et son histoire remarquable. Mais, il est en même temps jeune et dynamique. Nous avons, en effet, opéré le changement des moteurs du Belem en 2013, ce qui a permis de renforcer la sécurité en navigation. Nous avons, en outre, décliné, avec le soutien de la DRAC des Pays de la Loire, des collectivités et des donateurs individuels, un vaste plan de restauration des éléments patrimoniaux du navire : le baromètre, le mobilier du salon de commandant, le grand roof et les ornements en bois sculptés à la poupe et la proue du navire. Nous avons, parallèlement, modernisé son parcours de visite, désormais agrémenté de tablettes numériques offrant des vues anciennes du navire en réalité augmentée.

Quels événements ont marqué vos dix années de présidence ?

Chaque saison nous a apporté son lot d’événements, mais ceux qui m’ont le plus marqué se résument à la réception donnée à bord en l’honneur du prince Charles en 2012 avec la présence de la famille royale pour le Jubilé de diamant de la reine d’Angleterre, la réunion des marinaretti à Venise, pleurant d’émotion en évoquant leurs souvenirs de jeunesse à bord de leur Giorgetta*, l’inauguration du pont Chaban Delmas à Bordeaux, symbolisé par le franchissement du Belem sous le nouveau pont, la foule se pressant sur les quais rouannais pour visiter le Belem lors des armadas, les 120 ans du Belem célébrés en son et lumière par les nantais, le remarqué retour du Belem sur les Tall Ships Race, l’incroyable Sail Amsterdam faisant tournoyer petits et grands navires aux vergues illuminées en pleine nuit dans ses bassins festifs. …. Ces images sont à jamais gravées dans ma mémoire comme dans celle de tous les amoureux du Belem qui ont participé à ces grands rassemblements populaires. 

Avez-vous des regrets ?

Oui j’en ai un. J’avais imaginé la présence du Belem à Rio pour les Jeux Olympiques de l’été 2016. Mais les coûts de la traversée transatlantique étaient trop exorbitants pour être supportés par la Fondation Belem. J’avais préalablement œuvré pour maîtriser les charges du navire. Il n’était pas question d’engager des dépenses inconsidérées. J’ai dû me rendre à l’évidence et abandonner ce projet qui me tenait pourtant à cœur.

Que souhaitez-vous au nouveau président ?

Je lui souhaite de s’impliquer personnellement et totalement dans cette passionnante aventure, de prolonger nos initiatives, de les enrichir, grâce à de nouvelles idées, d’innover en permanence et de s’adapter aux différentes situations qui se présenteront. La tempête Covid qui s’est abattue sur la planète n’a pas eu raison du Belem. Encore une fois, nous nous sommes adaptés en réduisant rapidement les charges du navire et celles de la fondation à leur strict minimum, en recherchant des gratuités d’amarrage, des partenariats avec des collectivités, en animant la communauté du Belem via un concours de nouvelles, en publiant les meilleurs textes dans un recueil . L’adaptabilité à son temps est le secret de la longévité du Belem. Mais le navire n’y est pour rien. S’il navigue encore aujourd’hui, c’est grâce aux hommes et aux femmes qui ont en pris soin depuis plus de 125 ans et qui ont redoublé d’idées pour que le projet réponde aux réalités économiques de son temps.

Que vous a apporté le Belem sur le plan personnel ?

Beaucoup de tracas, heureusement compensés par de merveilleuses rencontres et des moments de grande satisfaction, la plus grande étant le bonheur procuré aux autres, aux habitants qui l’accueillent à son arrivée au port, aux navigants, aux visiteurs. Le rôle du président n’est pas qu’honorifique. C’est une mission bénévole à forte responsabilité qui envahit le quotidien. Il s’agit de piloter une véritable entreprise, de gérer un opérateur culturel qui, au-delà de sa mission d’ouverture du navire au plus grand nombre, doit trouver des financements externes, lever du mécénat et des dons des particuliers. L’équipe permanente de la Fondation Belem a toujours été très réduite. Le rôle des administrateurs de la Fondation est de la guider, l’appuyer, la conseiller. 

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire une histoire romancée du Belem ?

A chaque fois que je raconte l’histoire du Belem, on me dit que c’est un vrai roman… cela m’a donné l’idée de romancer son histoire, en faisant vivre les personnages, en imaginant des dialogues réalistes…. J’ai commencé par effectuer des recherches afin de rendre l’histoire la plus vraisemblable possible. Le Belem m’a permis de rencontrer beaucoup de monde, d’horizons très différents. Certaines personnalités m’ont marqué plus que d’autres et m’ont inspiré des personnages hauts en couleurs qu’on retrouve dans le roman.

Quelle est votre plus grande fierté ?

Que le navire continue de naviguer, que tant de personnes en profitent, que ce soient des navigants, des familles, des mousses de la marine qui découvrent leur futur métier… mais par-dessus tout, je suis particulièrement heureux que l’ensemble des Caisses d’Epargne  soient rassemblés autour du Belem sur la base d’un mécénat identitaire. Je souhaite vivement la poursuite de ce compagnonnage pendant de très longues années.

* surnom affectueux donné au Belem durant sa période italienne.

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